Hervé PICHON, élu à Versailles de 1995 à 2008. Ancien adjoint à l'urbanisme, ancien administrateur de l'office d'HLM Versailles-Habitat. Un regard libre, personnel et sans parti-pris sur la vie à Versailles et sur la vie politique.
M onsieur et Madame NIMBY (1) habitent un peu partout. On les rencontre dans les villes mais on peut aussi les trouver à la campagne. Dès que l’on s’avise de vouloir construire devant chez eux ou dans leur environnement immédiat un immeuble, un équipement ou une installation, ils ont instantanément la même réaction : « Où vous voudrez mais … pas devant chez moi ! ». C’est humain. Cela peut se comprendre. Ils ont d’ailleurs parfois tout à fait raison de protester et sont parfois dans leur bon droit. Mais pas toujours. Ils représentent en tout cas une donnée du monde d’aujourd’hui, surtout en milieu urbain, où l’espace constructible ou valorisable se fait rare. Une donnée qui rend la tâche très difficile, pour ne pas dire impossible, aux élus et à tous les détenteurs d’autorité publique qui veulent implanter là où cela serait possible des équipements collectifs, des logements sociaux ou des installations utiles à la collectivité. C’est pourquoi ces responsables doivent faire preuve […]
A ttaqué par plusieurs recours, le Plan local d’urbanisme de Versailles vient d’être clairement et intégralement validé par le Tribunal administratif. Divers requérants avaient en effet introduit contre le PLU adopté en septembre 2006 par le conseil municipal de Versailles des recours qui, à travers ce document d’urbanisme, mettaient en cause des choix importants retenus pour notre ville par Etienne Pinte et par sa majorité municipale sous le précédent mandat : le projet urbain des Chantiers, bien sûr, mais aussi les dispositions relatives au plateau de Satory, celles concernant la politique de préservation des ilots de verdure dans les quartiers résidentiels ainsi que le projet de réalisation de deux petits immeubles de logements sociaux envisagé par l’office d’HLM Versailles Habitat sur un terrain constructible lui appartenant dans le secteur de Richard-Mique. Mis à part un point de détail concernant la protection de la vallée de la Bièvre, qui donne lieu à une annulation […]
D epuis bientôt vingt cinq ans cette, j’arpente assidument les couloirs et les antichambres du Parlement européen à Strasbourg comme à Bruxelles. Sans nullement prétendre être le plus calé sur ce sujet, je crois pouvoir dire que je fais partie des Français qui connaissent bien cette institution à nulle autre pareille, un vrai melting pot de traditions et de cultures politiques différentes, où nos 78 députés français côtoient les Onorevole italiens, les MEP’s de Sa Majesté britannique, des députés germains, scandinaves, ibères, slaves, hellènes, chypriotes, maltais, baltes et autres dans ce grand vaisseau qu’est le siège du Parlement à Strasbourg ou au milieu de l’invraisemblable « Caprice des Dieux » de Bruxelles. Depuis le début des années quatre-vingt et de législature en législature, j’ai vu évoluer cette assemblée. Je l’ai vue s’affirmer dans l’édifice institutionnel européen tandis que, dans le même temps, la France y perdait du poids numérique et devait y compter avec de […]
Marc Le Fur, Jean-Frédéric Poisson, Etienne Pinte et de nombreux autres députés UMP font honneur au mandat qu’ils détiennent. En n’hésitant pas, en particulier grâce à une retentissante tribune parue dans la presse, à se mettre en travers d’une supposée unanimité autour de la proposition de loi sur le travail dominical qui devrait être examinée à l’Assemblée nationale le 11 décembre prochain, ils démontrent qu’ils sont des esprits courageux, libres et indépendants, soucieux de défendre quelque chose qui va très au-delà du débat purement économique et qui touche au plus profond de la vie de chacun et de chacune d’entre nous. Le dimanche, ce n’est pas seulement le jour où l’on a le droit au repos, c’est aussi – et peut-être d’abord – le jour où on se retrouve soi-même, où on retrouve sa famille, où on retrouve son prochain. De tout temps dans la société française, le dimanche a représenté cette part de l’âme qui échappe à l’emprise de la vie matérielle et économique. En ce sens, le […]
Presque sur un coup de tête, sans réfléchir, j’ai pris dès l’aube le premier train pour Chaumont. Après un court trajet en autocar à travers l’austère paysage de Haute-Marne, me voici à Colombey-les-deux-Eglises. Il doit être huit heures et demie du matin, ce 12 novembre 1970. Le village est déjà noir de monde. Pas question de circuler, c’est déjà bien beau d’avoir pu accéder à une place située à peu près au bord de la route qui conduit de la Boisserie à l’église. Commence alors, dans un froid sec somme toute assez supportable, une longue attente immobile jusqu’à l’heure de la cérémonie. Passent à pied devant nous des officiels et des Compagnons de la Libération, tels André Malraux, tout secoué de tics, ou Romain Gary, boudiné dans son vieil uniforme d’aviateur de la Royal Air Force. De cette journée, je conserve d’abord le souvenir d’un grand et long silence recueilli, rompu seulement par le bruit d’un hélicoptère tournoyant au dessus du village ainsi que par les allées et venues […]
Vous avez peut être lu ou entendu qu’il y avait du rififi l’autre jour au Sénat à propos du logement. Christine Boutin avait travaillé d’arrache-pied pour peaufiner son projet de loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion, un texte riche en mesures fortes et novatrices : soutien à l’activité de construction, mobilisation des bailleurs sociaux, des partenaires du « 1% logement » ainsi que des collectivités locales, dispositions tendant à encourager la mobilité des locataires dans les HLM, requalification des quartiers anciens dégradés, mesures relatives à l’hébergement d’urgence, etc. A un moment où la crise financière mondiale vient sacrément compliquer les choses, le projet de Christine Boutin revêt une importance primordiale et, sur un sujet aussi délicat et aussi complexe, il est bien normal qu’il y ait eu du débat, voire même de la passion. Le point de friction s’est révélé là où on pouvait l’attendre. Par une majorité de 314 voix contre 21, le Sénat a […]
« Fends le cœur de l’Homme : tu y trouveras un soleil ». Ainsi s’était exclamée Sœur Emmanuelle l’une des premières fois qu’elle était intervenue en prime time sur un plateau de télévision, citant ce beau proverbe persan. De ce personnage hors du commun, j’ai aussi conservé le souvenir d’une soirée passée il y a vingt ans dans un collège des Yvelines où elle parlait devant un parterre d’adolescents avec une franchise et une absence de précautions qui l’amenaient à secouer vivement son auditoire sur le thème « Bougez-vous ! Aimer, c’est vivre !». Mais, ce qui m’avait le plus frappé, c’était bien cette phrase « Fends le cœur de l’Homme … », des mots qui expriment une confiance inaltérable dans les ressources profondes de l’être humain, au delà de toutes les noirceurs et de toutes les raisons de désespérer. Nous sommes à l’époque des icônes médiatiques. L’abbé Pierre, Sœur Emmanuelle, le Père Ceyrac et quelques autres, sans oublier bien sûr Mère Teresa, ont franchi les barrières des […]
Par le Figaro d’aujourd’hui, j’apprends la disparition d’Antoine Littler, décédé le 10 octobre, et je voudrais saluer la mémoire de cet ancien collègue du conseil municipal de Versailles. Antoine Littler était un élu bosseur, appliqué, sérieux, allant au fond des choses et au fond des dossiers que lui avait confiés Etienne Pinte. Auprès d’Alain Fontaine, adjoint chargé de la circulation, il avait travaillé sur les questions de déplacements urbains et, en particulier, sur ce sujet essentiel qu’est la sécurité routière à Versailles. Il fut un temps président du Comité de sauvegarde et d’animation des Chantiers puis, cette fois-ci au titre de sa qualité d’élu municipal, président du conseil de quartier de ce même secteur des Chantiers. Dans cette mission, il s’était montré opiniâtre et déterminé pour plaider la cause de « son » quartier et le faisait avec vigueur, me sollicitant souvent dans mes responsabilités d’adjoint chargé de l’urbanisme et du patrimoine. Il savait aussi se […]
Emmanuelle de Crépy est une personne souriante et dynamique envers qui je nourris depuis longtemps une vive sympathie. Elle a été membre du conseil de quartier que j’ai présidé à Clagny-Glatigny et j’ai pu apprécier sa capacité d’écoute, sa disponibilité aux autres ainsi que, ce qui est pour moi plus important que tout, son sens aigu de l’intérêt général. En lui confiant, outre la culture, la responsabilité de la concertation et des conseils de quartier, François de Mazières a fait là un excellent casting. Elle a présenté son projet de mise en place des conseils de quartier. Je retiens qu’elle conserve grosso modo le dispositif que j’avais moi-même créé en décembre 2001 : un collège des associations permettant de donner une représentation spécifique et équitable au tissu associatif versaillais, un collège de personnalités qualifiées désignées ad nutum par le maire et, enfin, un collège de conseillers de quartier désignés directement par les habitants, une innovation qui, il y a […]
« Vous verrez, me dit un Versaillais habitué de la tribune du public, l’ambiance a complètement changé : maintenant, la courtoisie règne enfin au conseil municipal ». J’ai donc voulu en avoir le cœur net et je suis allé assister du haut de la tribune à la séance du 25 septembre. En effet, quelle félicité ! Maintenant, tout le monde s’aime et, dans la salle du conseil, se déroulent des débats apaisés, empreints de suavité et de prévenance. Assurément, il faut louer la manière de présider de François de Mazières, attentif à donner la parole à chacun et à laisser chacun s’exprimer. Juste une précision tout de même : Etienne Pinte était exactement tout aussi soucieux que son successeur de laisser s’exprimer ceux qui le souhaitaient. Il lui arrivait même de se voir reprocher d’être trop libéral dans la conduite de débats souvent furieux et qui, parfois, duraient au-delà du raisonnable. Le vrai changement, ce n’est pas dans la manière de conduire les débats qu’il faut le rechercher, […]
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