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Ce soir de dimanche de second tour, le héros de la fête s’appelle François de Mazières.
Une foule compacte et joyeuse se presse dans les escaliers et les couloirs de l’Hôtel de Ville puis vient progressivement se masser dans la salle des fêtes.
Une fois rendue mon urne, je m’apprête à m’éclipser discrètement mais je décide finalement de rester et je me glisse dans la salle du conseil municipal, ce qui me permettra, caché derrière l’écran géant dressé pour la circonstance et tourné vers la salle des fêtes, d’observer sans être vu la proclamation des résultats.
Apparait bientôt sur l’estrade le héros du jour, entouré d’Etienne Pinte et d’Alain Schmitz, tandis que Christine de Mazières se tient légèrement en retrait.
Lecture des résultats, discours, acclamations vibrantes et clameurs de joies. Vue de dos, la mince silhouette de François se détache. D’une voix douce et enthousiaste, le nouvel élu prononce un discours brillant, ponctué de grands gestes du bras. Au long du propos revient l’idée que Versailles est une ville exceptionnelle et qu’elle doit se montrer digne de la place qu’elle occupe dans l’histoire comme elle doit être digne de sa notoriété mondiale.
A l’échelle de l’histoire d’une ville, un tel instant est unique. Sans doute est-ce la première fois depuis très longtemps, peut-être depuis la fin du long règne d’André Mignot, c'est-à-dire depuis 1977, qu’une élection municipale à Versailles donne lieu à une telle alternance, une équipe presqu’au complet laissant la place à une autre.
Ils incarnaient la rupture, nous étions la continuité. Les Versaillais voulaient la rupture.
A cette nouvelle équipe et à son chef de file, je dis dans mon for intérieur « Bon vent ! Bon vent pour vous, pour Versailles et pour les Versaillais ! ».
Très sincèrement, je leur souhaite de réussir.
J’ai aussi envie de leur suggérer de ne pas perdre de vue, même dans l’ivresse de la victoire, qu’une vie d’élu consiste, jour après jour, à se colleter avec le réel, lequel se venge toujours cruellement si on vient à l’oublier, fût-ce le temps d’une campagne électorale.
Peut-être pourrais-je également leur proposer de lire ou de relire le très beau texte que, sous le titre « Aimer Versailles comme élue », Elisabeth Flichy, conseillère municipale, avait donné en forme de tribune libre dans le numéro de décembre 2007 du magazine municipal, un texte qui illustrait avec force toutes les facettes d’un engagement d’élu et qui se terminait par ces mots : « Aimer Versailles, c’est tout simplement aimer ses concitoyens ».
Rédigé le lundi 17 mars 2008