Profil

  • Versailles Au Coeur
  • Hervé PICHON, élu à Versailles de 1995 à 2008. Ancien adjoint à l'urbanisme, ancien administrateur de l'office d'HLM Versailles-Habitat. Un regard libre, personnel et sans parti-pris sur la vie à Versailles et sur la vie politique.

Recommander

Rechercher

Vendredi 27 juin 2008 5 27 /06 /Juin /2008 13:01

 « A l’heure où je m’exprime, le soir tombe sur Kaboul. Autour de l’aéroport, des soldats français patrouillent aux côtés des militaires afghans du 201e corps d’armée … ».

 

Ainsi François Fillon a-t-il commencé son discours lorsqu’il s’est adressé aux députés à l’occasion du débat de censure le mardi 8 avril dernier dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.

 

Kaboul, c’est loin, à quelque dix-huit heures d’avion de Paris. Et, pourtant, c’est tout près de nous parce que c’est là que se joue une partie très cruciale de la marche du monde d’aujourd’hui et, à ce jour, quatorze militaires français sont tombés sur le sol afghan depuis octobre 2001.

 

De retour de Londres, où il avait annoncé le renforcement de la présence militaire française en Afghanistan aux membres du Parlement britannique (1), le Président de la République a clairement situé les enjeux : la France peut-elle être absente d’un théâtre d’opérations où, sur mandat de l’ONU, une force internationale de quelque 40 nations coalisées a pour mission d’empêcher des talibans fanatisés, cruels et rétrogrades de faire à nouveau main basse sur un pays qui a été, et qui pourrait redevenir, une base arrière du terrorisme international ?

 

Dans le Monde du 27 avril, le général Vincent Desportes, commandant du Centre de doctrine d’emploi des forces (CDEF) du ministère de la Défense, fait remarquer que « les Français ont de plus en plus de mal à faire le rapport entre l’effort de défense et leur sécurité, qui leur paraît un acquis ». 

 

J’ai eu le privilège, c'est-à-dire la chance immense, de faire partie en 2000-2001 de la 53e session nationale de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN) et c’est vrai que, une fois sorti de cette « scolarité » un peu particulière, mêlée de conférences, de travaux en groupe réalisés avec des militaires et des auditeurs civils de tous horizons, de déplacements dans les armées et de lointains voyages d’étude, je n’ai plus jamais lu les journaux comme avant.

 

Dans quelques semaines sera publié le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale, un exercice de réflexion auquel se livrent depuis des mois des militaires et des civils avec pour mission impartie clairement par Nicolas Sarkozy de « tout mettre sur la table », sans tabous et sans retenue : approches stratégiques, analyses des crises, choix d’organisation de notre défense, devenir de nos grandes composantes, telle que, par exemple, la force de dissuasion ou le fameux projet de deuxième porte-avions nucléaire, etc.

 

A tous ceux que ces sujets intéressent, je suggère d’aller voir sur le site de la Commission du Livre Blanc (2) et de regarder les auditions auxquelles a procédé cette commission. Tout y est : les meilleurs spécialistes actuels des questions stratégiques et de sécurité y livrent leur vision de l’état du monde et dressent de la situation internationale un tableau qui ne peut que nous faire réfléchir.

 

Nous vivons dans une « bulle artificielle de sécurité », comme le dit Vincent Desportes, et nous ne le savons pas.

 

Ce débat à venir sur le Livre Blanc sera donc pour chacun d’entre nous un rendez-vous crucial avec une question grave que nous devons nous poser : avons-nous conscience de ce que le monde devient plus dangereux et sommes-nous prêts à en tirer les conséquences, en particulier économiques et budgétaires, en termes de grands choix à faire pour adapter notre système de défense aux réalités d’aujourd’hui ?

 

Rédigé le mardi 29 avril et mis en ligne le vendredi 27 juin 2008

 

(1)      : Je comprends assez volontiers que cette annonce du déploiement de troupes supplémentaires an Afghanistan faite devant un parlement étranger, fût-ce celui d’une nation amie et alliée, ait pu heurter des parlementaires français. Nicolas Sarkozy a d’ailleurs fait introduire dans le projet de loi relatif aux institutions une disposition prévoyant que le Parlement autorisera désormais par un vote tout déploiement de troupes françaises hors du territoire national pour une durée supérieure à six mois.

 

     (2) : premier-ministre.richcongress.com/index.php ou http://viphttp.yacast.net/pm/clbdsn/videos.html

Publié dans : Vie Politique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés