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  • Hervé PICHON, élu à Versailles de 1995 à 2008. Ancien adjoint à l'urbanisme, ancien administrateur de l'office d'HLM Versailles-Habitat. Un regard libre, personnel et sans parti-pris sur la vie à Versailles et sur la vie politique.

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Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /Sep /2008 13:14

Au cours de cet été, j’ai profité de ma liberté toute neuve pour faire diverses choses importantes, en particulier pour écouter de la musique.

 

J’ai pu en particulier déguster les deux CD formant l’enregistrement intégral des Suites pour violoncelle de J.-S. Bach par Barbara Marcinkowska, professeur au Conservatoire de Versailles.

 

Cette artiste polonaise née et formée à Varsovie est l’une des grandes dames du violoncelle en France et dans le monde, forte d’une belle carrière internationale et de travaux d’interprétation d’œuvres de compositeurs contemporains tels que Penderecki, Tansman, Dutilleux et le Versaillais d’origine Amaury du Closel.

 

Je l’ai croisée quelques fois à l’occasion de cours qu’elle donnait à sa classe de violoncelle, dont faisait partie l’un de mes fils, au CNR de Versailles, dans l’une des petites salles de ce bel hôtel de la  rue de la Chancellerie que la Ville achève de restaurer. Je conserve d’elle le souvenir d’un professeur exigeant mais pétri de tendresse pour ses élèves, attentif à leur transmettre non seulement de la technique mais surtout le sens et le goût de la musicalité.

 

Comme beaucoup de grands défenseurs de son instrument, Barbara s’est attaquée à l’enregistrement intégral des Suites pour violoncelle, ce monument composé par Bach dans les années 1720 à Coethen, pendant une phase qui aura été probablement l’une des plus heureuses de la vie du Cantor car placée sous la protection d’un souverain éclairé, amateur et praticien de belle musique, Léopold d’Anhalt-Coethen, prince de Saxe.

 

J’avais déjà entendu Barbara Marcinkowska jouer quelques unes de ces Suites dans la Galerie des Affaires étrangères de la Bibliothèque municipale, rue de l’Indépendance américaine, à l’occasion d’un concert organisé il y a quelques années dans le cadre du Mois Molière. En artiste confirmée, elle montre ici une maîtrise absolue de son violoncelle et une compréhension profonde de ces œuvres si exigeantes et si éloquentes.

 

Pensant à Barbara, je me dis que nous avons de la chance, nous Versaillais, de posséder dans notre ville ce magnifique instrument de transmission de l’art musical qu’est le Conservatoire de Versailles.

 

Outre Barbara Marcinkowska, y enseignent ou y ont enseigné des artistes de grande réputation tels que, entre autres, Jean Aubain, Grand Prix de Rome, et Jean-François Frémont, maître de chapelle à Notre-Dame de Versailles, Désiré N’Kaoua ou Francis Vidil pour le piano, Jezdimir Vujicic pour le violon et Christian Chanel pour la guitare, cette liste n’étant bien sûr aucunement exhaustive.

 

Je suis de ceux qui pensent que le statut des Conservatoires nationaux de région (CNR), vilainement rebaptisés récemment « Conservatoires à rayonnement régional » (CRR), n’a plus beaucoup de sens car, sans doute était-ce un raté de la décentralisation de 1983, ils n’ont de régional que le nom dans la mesure où la Région ne les soutient pas ou si peu.

 

C’est là un point d’accord que j’ai avec François de Mazières : il faut précieusement conserver, c’est le cas de le dire, le Conservatoire de Versailles, sans doute en essayant toutefois d’en élargir les sources de financement.

 

Mais je crois qu’il faut aussi, en utilisant le potentiel d’enseignement du Conservatoire, créer parallèlement une « Ecole Municipale de Musique » dotée de structures très légères, souples et décentralisées dans les maisons de quartier.

 

Objectif : donner à tous les Versaillais qui le désirent la possibilité d’accéder à une pratique musicale en amateur et à une culture musicale partagée.

 

Pendant la campagne électorale des municipales, Bertrand Devys avait défendu cette bonne idée à laquelle je crois beaucoup et j’espère que François de Mazières voudra bien y réfléchir.

 

Rédigé le lundi 3 août 2008

 

Les mélomanes amoureux des Suites pour violoncelle de Bach peuvent probablement acquérir les deux CD de Barbara MARCINKOWSKA en les commandant à la Boutique du Conservatoire, un authentique magasin de musique à Versailles situé  38 rue du Vieux-Versailles, sous réserve – bien sûr – qu’il en reste encore des exemplaires disponibles.

 

Jean-Sébastien Bach

Suites pour violoncelle n° 1, 2 et 3, BWV 1007, 1008 et 1009

Barbara Marcinkowska, violoncelle

SEPM Quantum, 1995

dQM 6972/ SM 61

Distribution Studio SM, 54 rue Michel-Ange 75016

 

Jean-Sébastien Bach

Suites pour violoncelle n° 4, 5 et 6, BWV 1010, 1011 et 1012

Barbara Marcinkowska, violoncelle

SEPM Quantum, 1999

DDD dQM 7015

 

Publié dans : Coups de coeur
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