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Le Revenu de Solidarité Active, qu’est-ce que c’est ? Un revenu minimum pour ceux qui n’ont pas de travail et un complément de revenu pour ceux qui retournent au travail. Il a pour vocation de remplacer à terme les dispositifs existants de solidarité à l’égard des personnes les plus pauvres : le RMI, la prime pour l’emploi (PPE) et d’autres allocations.
Nous, les citoyens de base, nous devons, me semble-t-il, appréhender le débat actuel avec en tête quelques idées simples, quelques constats de bon sens qui sont de nature à nous faire prendre de la distance par rapport aux furieuses empoignades politiques de ces derniers jours.
Nous avons à faire face à une extrême urgence : près de sept millions de personnes en France vivent en dessous du seuil de pauvreté tel qu’il est défini par l’Union européenne (817 € / mois pour une personne seule et 1 226 € / mois pour un couple) et notre pays compte aujourd’hui plus d’1,5 million de travailleurs pauvres.
On a trop longtemps renoncé à agir. Depuis la mise en place du RMI, tout le monde sait que ce système vieux de vingt ans est plein d’effets pervers (si on retravaille, on perd des ressources car on perd le bénéfice d’aides diverses attribuées au titre des minima sociaux) mais personne parmi les responsables politiques de gauche et de droite n’a su comment y remédier et la difficulté de l’obstacle a toujours justifié tous les renoncements.
Il y a ceux qui agissent. Fidèle à ses engagements de campagne, Nicolas Sarkozy a décidé de s’attaquer à ce scandale silencieux qu’est la grande pauvreté en France en plaçant la valeur travail, maître-mot de son action, au cœur d’un nouveau dispositif dont la philosophie est justement celle d’encourager le retour au travail, non seulement par une allocation de complément mais aussi par un accompagnement adéquat. D’une logique d’assistance, on passera donc à une dynamique de retour à l’emploi. Cela, c’est une vraie innovation dont la finalité est de réduire d’un tiers la grande pauvreté en France en cinq ans.
Comment financer le futur nouveau dispositif ? Le Président de la République a indiqué son choix et le Parlement aura son mot à dire. N’oublions pas cependant que, comme l’a dit le Premier ministre en évoquant sans langue de bois un « Etat en faillite », la marge de manœuvre est quasi-nulle : épuisement des finances publiques, division par deux de la croissance avec son cortège de pertes de recettes, fragilisation du pouvoir d’achat des ménages, etc.
Nous sommes tous concernés. Même si - à
l’évidence - le RSA ne constitue pas une solution miracle, il doit être soutenu quelque soient les difficultés de son financement. En effet, nous sommes confrontés à une urgence politique et
sociale qui nous place tous devant la même interrogation : la France peut-elle continuer de laisser de côté des millions de personnes durablement exclues de toute perspective de retour au
travail et à la dignité que celui-ci confère ?
Rédigé le dimanche 7 septembre.