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  • Hervé PICHON, élu à Versailles de 1995 à 2008. Ancien adjoint à l'urbanisme, ancien administrateur de l'office d'HLM Versailles-Habitat. Un regard libre, personnel et sans parti-pris sur la vie à Versailles et sur la vie politique.

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Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /Sep /2008 16:23

Pardonnez-moi si je reviens sur la récente polémique à propos de l’exposition qui vient d’ouvrir ses portes au Château de Versailles autour des œuvres de l’artiste néerlandais Jeff Koons.

 

Ne les ayant pas vues, je n’ai strictement aucune idée de ce qu’il faut penser ou ne pas penser des seize sculptures monumentales de Jeff Koons, présenté par les uns comme le « roi du pop kitsch », comme « le plus baroque des artistes néopop » tandis que d’autres l’accusent d’être un « dadaïste attardé » et disent de son exposition qu’elle est une « intrusion dans un lieu magique », voire même carrément « une souillure de ce que notre patrimoine et son identité ont de plus sacré ». Je me garderai bien de prendre parti quant à la valeur artistique de ces oeuvres mais j’irai constater moi-même dès que possible si, dans les appartements royaux, Balloon Dog (ballon en forme de chien stylisé), Split Rocker (monument floral prêté par le mécène François Pinault), Rabbitt (lapin en inox), Hanging Heart (cœur monumental flottant au dessus de l’escalier de la Reine) et autres pièces de Jeff Koons sont à ce point  incongrues qu’on nous le dit.

 

En revanche, et pour avoir suivi de près qui se passe du côté du Château depuis une dizaine d’années, je voudrais rappeler que les différents présidents qui se sont succédés au cours des dix dernières années à la tête de l’Etablissement public ont abattu un sacré boulot pour faire évoluer le Château.

 

Avec l’aide de l’Etat comme avec celle, déterminante, de mécènes généreux, Hubert Astier puis Christine Albanel puis, à son tour, Jean-Jacques Aillagon ont, chacun avec des styles différents, fait faire des pas de géant à ces joyaux que sont le Château et le Domaine national de Versailles : rénovation du parc après les tempêtes de 1990 et de 1999, rénovation du Hameau de la Reine, rénovation des Bosquets, magnifique réussite du sauvetage de la Galerie des Glaces (merci Vinci !), recréation de la Grille Royale (bravo, Frédéric Didier), c’est tout un vaste chantier qui est mis en œuvre sous nos yeux, destiné à durer 17 ans et à mobiliser plus de 350 M€ d’argent public, sans compter les soutiens privés.

 

Avec des expositions plus que mémorables (Topkapi, La Tour, Nattier, la Cour de Saxe, etc.), avec le  travail de mémoire accompli par le Centre de Musique Baroque sur le patrimoine musical français des XVIIe et XVIIIe siècles, avec le Centre de recherches sur la Civilisation de cour créé par Béatrix Saule, il se passe toujours quelque chose au Château de Versailles. Ca déménage au sens propre puisque, à terme, les services administratifs de l’Etablissement s’installeront dans les locaux du Grand-Commun, cet ex-hôpital Larrey cher au souvenir des Versaillais et où on a même mis au jour l’ancien Jeu de Paume de Louis XIII.

 

Le plus important est ailleurs : on ne se contente pas de restaurer, d’explorer et de faire revivre un passé riche et prestigieux. Les héritiers de Nolhac et de Van der Kemp ont aussi voulu que Versailles soit un lieu où la culture contemporaine peut trouver sa place, tout simplement parce que le dialogue des cultures se fait aussi dans l’espace-temps, par une rencontre parfois dérangeante entre la culture du passé et celle du présent, ce que Caroline Pascal appelle le « mariage classique-contemporain ». C’est grâce à Etienne Pinte que j’avais été converti à l’idée de favoriser la venue de Bartabas dans les Grandes-Ecuries, alors que, honnêtement, je penchais plutôt pour l’approche d’une « Académie équestre » plus traditionnelle. C’est avec un petit effort sur moi-même que je me suis fait aux évocations passablement décoiffantes des Nuits blanches ou d’un Versailles Off parfois pour le moins inattendu.

 

En réalité, la vraie question est, me semble-t-il, la suivante : Versailles serait-elle condamnée à se pasticher elle-même en permanence ? Pour ma part, j’apprécie que Jean-Jacques Aillagon ait pris ce risque réel de faire venir Jeff Koons à Versailles, risque né d’une juxtaposition audacieuse, risque de susciter des polémiques et des critiques. Il fait faire ainsi à Versailles un chemin utile : le Château devient un lieu où « il se passe quelque chose » à l’échelle planétaire, dans l’ordre de la culture, dans l’ordre de la création, laquelle est, par essence, toujours une prise de risques.

 

Notre ville de Versailles ne doit pas être en reste. A cet égard, il est arrivé souvent au Mois Molière de présenter des innovations très heureuses, je pense en particulier à « Narcisse guette », ce spectacle sublime, lunaire et surprenant donné cette année sur les eaux du Grand-Canal au pied du Grand-Trianon par la Compagnie Ilotopie.

 

Suggestion à François de Mazières et à Emmanuelle de Crépy : penser dès maintenant à organiser, à terme, une vraie et ambitieuse exposition en plein-air de sculptures monumentales contemporaines sur les contre-allées de l’avenue de Paris. Etienne Pinte y avait songé mais c’est vrai que c’est très compliqué à monter et, il faut le dire, sûrement coûteux. Raison de plus pour y penser dès maintenant et à explorer cette idée forte que Bertrand Devys avait, à juste titre, avancée pendant la campagne des municipales.

 

En tout cas, bravo Jean-Jacques Aillagon ! Comme le dit Patricia Bouchenot-Déchin, présidente de l’Académie des Sciences morales de Versailles, la vocation du château comme de la ville est bien de demeurer un « lieu de création et de stimulation » culturelles et non pas une sorte d’industrie exclusivement vouée à explorer le passé.

 

Rédigé le dimanche 14 septembre.

 

« Jeff Koons à Versailles »

Grands Appartements et Parterre de l’Orangerie.

Du 10 septembre au 14 décembre 2008.

Tous les jours (sauf lundi) de 9 heures à 18 heures 30 jusqu’au 31 octobre puis de 9 heures à 17 heures 30 à partir du 2 novembre.

Nocturnes les samedis de 18 heures 30 à 22 heures

Entrée : 13, 50 €. Entrée libre à l’occasion du « Versailles Off» du 4 octobre.

Publié dans : Vie Versaillaise
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Commentaires

Monsieur, Votre question "Versailles serait-elle condamnée à se pasticher elle-même en permanence ?" est pertinente car d'actualité. Elle dépasse l'exposition Koons mais englobe toute la politique actuelle du Chateau. Je suis personnellement choqué par l'intrusion de Koons au chateau mais ce n'est pas bien grave car cela ne va me chagriner que 3 mois et cette mode d'exposer l'art contemporain dans des lieux classiques passera (ne serait ce que par la désaffection et le mécontentement du public dont témoignent les gardiens du chateau depuis mercredi). Le gout du château pour le pastiche est plus inquiétant: La reconstruction de la grille est un exemple. Il ne s'agit pas d'une reconstruction à l'identique comme on veut nous le faire croire mais d'une re-interprétation actuelle qui ne respecte pas du tout la charte de Venise. La voute sonore des Samedi et Dimanche après midi dans le parc est un autre pastiche: Les mêmes morceaux en boucle sur 45 min (le centre de musique baroque nous retrouve et enregistre pourtant des dizaines d'heures de musique XVIIe et XVIIIe chaque année) joués sur des hauts parleurs qui ne passe que les basses fréquences sont pour moi un exemple de "pastiche kitsch" musical qui dure depuis plusieurs années maintenant. Le petit Trianon renommé par la direction du château "Domaine de Marie Antoinette" est encore un pastiche insupportable. Ce gout du pastiche transforme Versailles en Versailles-Land et loin de l'ouvrir au plus grand nombre il le rend encore plus inaccessible au visiteur qui n'a pas toujours le temps de s'informer plus amplement que par la vulgate délivrée par la direction du château. Comme vous le signalez, l'académie équestre de Bartabas est d'un tout autre registre. Il essaye sincèrement (on est loin de Koons) de faire revivre les grandes écuries et tient avant tout a faire quelque chose que la génération de 68 a oublié de faire: Transmettre un savoir faire de façon altruiste (il travaille bénévolement pour l'académie équestre). Bien que déçu, ou plutôt désorienté, par son dernier spectacle, l'académie équestre fait un sacré travail ... ce qui ne va pas sans quelques frictions avec la direction du château ai je pu lire ici ou là.
Commentaire n°1 posté par henri le 15/09/2008 à 20h46
Merci pour ce commentaire extrêmement intéressant même si je n'en partage pas toutes les analyses, loin s'en faut. Je pense que les tournants que les présidents successifs ont fait prendre à l'Etablissement public vont plutôt dans le bon sens. En revanche, j'apprécie vivement votre jugement sur Baratabas.

H.P.
Réponse de le 15/09/2008 à 22h45
vous évoquez le château de Versailles et je me permets de vous dire que j'ai honte .J'ai honte de voir tous les touristes venir dans le piège de queue inimaginable ( 1 h minimum )pour trouver deux caisses et refaire une queue pour entrer .Le château peut se vanter de faire toute les expos qu'il veut mais s'il ne respecte pas ses visiteurs , ce n'est que du vent et de l'orgeuil
Commentaire n°2 posté par Desfosses le 19/09/2008 à 14h58
A ma connaissance, l'Etablissement public a dans ses cartons un projet de refonte complète des modalités d'accueil du public au Château de Versailles. Ce plan ne pourra être mis en oeuvre que lorsque les services administratifs pourront être transférés au Grand Commun, ce qui permettra de libérer le Pavillon Dufour et de réorganiser en profondeur les espaces dédiés à l'accueil du public. Une telle réalisation ne peut être menée à bien qu'une fois redistribuées toutes les affectations d'espaces. Je vous suggère de prendre contact avec l'Etablissement pour faire part de votre sentiment. Merci, en tout cas, por votre contribution.

H.P.
Réponse de le 20/09/2008 à 16h59
Merci pour ces commentaires trés interressants car réfléchis et argumentés.En particulier je suis tout à fait d'accord avec votre chapître " Notre ville de Versailles ne doit pas être en reste". Qu'est ce que la ville peut faire pour développer l'art dans la ville elle-même et au-delà pour aider de jeunes artistes ou artisans ? Cordialement et bon vent à votre blog!!!
Commentaire n°3 posté par DAUDON le 21/09/2008 à 20h00
Monsieur, Dans un commentaire plutôt critique à votre article que vous avez eu l'obligeance de publier, je faisais état de mes craintes sur la propension au pastiche de la direction du château. Ces craintes, qui sont également celles de l'excellent site http://www.latribunedelart.com/ depuis 2006 sont un peu atténuées par l'entretien de M. Aillagon publié sur le même site. J'en conseille la lecture à tous les passionnés du château.
Commentaire n°4 posté par henri le 30/09/2008 à 20h36
Lorsque je citais quelques pastiches dans le premier commentaire de cet article, je ne connaissais pas le dernier. Affligeant de bêtise! Voyez par vous même: http://www.latribunedelart.com/Nouvelles_breves/Breves_2008/10_08/Momus_Internet_916.htm
Commentaire n°5 posté par Henri le 23/10/2008 à 19h13
L’arraisonnement anglo-saxon du monde Pour les élites mercantiles qui règnent sur la planète, dont la Mecque est Wall Street, l’art contemporain est, en même temps qu’un ornement iconoclaste de leur univers aseptisé d’inspiration judéo-calviniste, un gaspillage, un potlatch, qui prouve la richesse. Leo Castelli le concevait comme un montage financier à plusieurs galeries. Marchands, collectionneurs et fondations constituent un réseau international qui consacre les avant-gardes et les choisissent. Secret de Polichinelle ? Ou volonté de ne pas avouer que le Roi est nu ? Les artistes sont lancés comme des marques de savonnettes. Sotheby’s possède une puissance illimitée dans ce domaine, dans la stratégie mondiale de consécration de l’art contemporain. Les anglo-saxons se taillent la part du lion, soutenus par les Allemands. Saatchi crée « L’Ecole de Londres » de façon artificielle, en excluant les Latins, soupçonnés, à tort ou à raison, de pesanteur anti-libérale et, pire, d’une certaine résistance à l’esprit mercantile. Le Kunst Kompas, indicateur qui apprécie l’audience des artistes et adopte comme paramètre déterminent le lieu de résidence, valorise les Américains, les Anglais et les Allemands. Plus de la moitié des achats d’art contemporain par les Frac et Fnac se font hors de France, surtout à New York. Mais ce qui ne serait que heurs et malheurs spéculatifs se présente comme une machine redoutable à éradiquer, par un alignement sur un individu hédoniste et ludique, anti-autoritaire et nomade, toute référence à un passé honni, à une Europe pécheresse, fascinée par le Beau et la métaphysique, par lesquels on explique les excès commis au XXe siècle et ses horreurs idéologiques. L’Europe, la Tradition et sa transmission, c’est cela, le Mal. Les pèlerins du Mayflower ne disaient pas autre chose. Pour Clément Greenberg, théoricien de l’expressionnisme abstrait, le minimalisme traduit le dépouillement moderniste et fonde l’universalité sur une identité faible. L’avènement des circuits virtuels de communication a rendu encore plus opérante cette fluidité des ego sans attaches, flottant dans un magma subjectif libéral-libertaire dans lequel on se croit libéré de toute pesanteur et de tout tabou, atome jouissif et jouissant dans le vide absolu. La seule réalité est le présent, et l’artiste contemporain est lié à l’actualité, aux fluctuations de la bourse, aux images télévisuelles, aux modes, aux caprices people. Il est intéressant de suivre pas à pas les linéaments d’une stratégie américaine qui, dès 1955, a transféré le cœur artistique du Monde dans la ville « raide » pour, en retour, via des théoriciens comme Arthur Danto, George Dickie, des institutions comme le Moma (Museum of Modern Art, installé dans Midtown à Manhattan, voué aux événements people et animé par les frères Rockefeller), le NEA (National Endowment for the Arts, né le 29 septembre 1965) etc., aboutir à ce triomphe de l’art contemporain qui semble irrésistible. Or, deux phénomènes politico-culturels américains semblent avoir été méconnus par l’Europe. D’abord, la « cultural war » passée sous silence en France, pour ne pas mettre en danger l’institution liée à l’art contemporain. En mai 1989, les ligues morales et religieuses se sont élevées contre les provocations de l’Art contemporain. De 1990 à 1994, deux cents interdictions d’expositions ont mis en cause le NEA. Cette « guerre » a pris fin en 1998 par le triomphe du pragmatisme de la société américaine : l’art contemporain reste réservée à une élite face à une « culture populaire » considérée comme son égale. Et c’est là le deuxième événement dont doit tenir compte l’Europe, acte inouï pour la France où l’on a transféré sur l’art contemporain tous les attributs de l’art défunt, nécessairement sublime, voué à une finalité salvatrice, politique (de gauche), voire révolutionnaire, avec une stratégie de tabula rasa, prétexte à l’intolérance et à l’excommunication. Néanmoins, il ne faut pas se leurrer : le relativisme américain n’est que de l’indifférentisme. Déjà, Duchamp se disait apolitique. Si les pratiques culturelles communautaires (graffitis, hip-hop, rap…) sont encouragés avec leurs inévitables élargissements « identitaires » contemporains (Latinos, Indiens, féministes, gays…), c’est que, tout étant légitime parce que relatif, rien n’est supérieur, surtout pas l’art issu d’un terroir. Le marché seul décide de la valeur artistique. Le ghetto devient une mine d’or, et New York le parangon du meeting pool culturel. Une nouvelle barbarie La culture, au sens employé par Spengler, est médiatrice, créatrice et ascendante, contrairement à la civilisation, qui est rationaliste, matérialiste et hédoniste, uniforme et soumise au culte de l’argent. L’être humain crée des images, transforme la matière pour donner forme à ses angoisses et à ses espoirs, et habite ce monde à qui il donne un visage sacré. Il le rend visible et lisible, s’y reconnaît et trouve dans cette mystérieuse projection de lui-même, dans l’icône, cette rencontre énigmatique entre ses rêves et la nature. Or, l’art contemporain présente l’horreur sans transition, dans sa brutalité, en prétendant la dénoncer sans la médiation de la beauté. Il suscite avec une délectation mortifère la fascination, la sidération. Pour Adorno, après Auschwitz, on ne peut rien dire de l’horreur. L’expression est impuissante. Le caractère tautologique de l’acte « artistique » de l’art contemporain cautionne la caducité mélancolique du réel brut. On ne peut que répudier l’œuvre nécessairement mensongère, avec le style, signe d’une identité désormais suspecte, et par conséquent la singularité, incongrue dans une société démocratique sans caractère. Non que l’Art n’ait de tout temps représenté le « Mal ». Mais représenter n’est pas présenter. En abolissant les frontières entre l’art et la pathologie, en réduisant le « lien social » à un simple échange de pulsions, en rejetant tout regard critique pour la simple fonction observatrice, l’art contemporain immerge la conscience et les sens, la pensée, dans un flux émotionnel, les contraint à une régression infantile. Sa prétendue démocratie totale n’est qu’un totalitarisme dépressif. Son ludisme et sa dérision servent à détruire. Tout ce qui est haut et grave doit déchoir au nom du ressentiment des égaux (des ego). Quand le vide et la confusion s’installent, le marchand arrive avec sa calculette. La disparition de l’œuvre matérielle donne libre cours à une spéculation maintenant ouverte aux parvenus des « marchés émergeants ». Les « coups » médiatiques, la publicité, la promotion des marques comblent le silence des méditations profondes. Lorsque le sens disparaît, survient aussi l’expert, enflé d’une logorrhée hermétique, vide et prétentieuse, inversement proportionnelle à l’acte créatif qu’elle contribue à vendre comme des concepts d’automobiles ou de machines à laver (lesquelles, par le truchement averti du « regardeur » convenablement éduqué par l’expert, peuvent tout aussi bien devenir des objets artistiques dûment estampillés par le marché de l’art – ce supermarché). Le vide contemporain est un trop plein. On fabrique en série, avec rapidité, dans des factories imaginées par Andy Warhol, dévalorisant ainsi le travail de la main, du temps et le bonheur de la rareté. Car la transmission de l’art de la main, dont le lien avec l’œil et l’intelligence a été maintes fois souligné, est maintenant à peu près rompue, et c’est bien là l’expression la plus manifeste de l’âge barbare. Les gardes rouges de l’art contemporain ont voulu en finir avec l’ère des Anciens. Usant de l’intimidation, employant l’agit-prop, pratiquant l’entrisme et détournant la rhétorique contestataire à leur profit, ils ont bénéficié d’une rupture qui n’a peut-être jamais eu d’équivalent dans l’Histoire humaine, dont la vertu première est pourtant d’ « empêcher que ce qu’ont fait les hommes, avec le temps, ne s’efface de la mémoire » (Hérodote). Et si toute culture se greffe sur une histoire singulière des hommes liés à un terroir, l’art contemporain se présente vraiment comme ce que Baudrillard nomme une « extermination du réel ».
Commentaire n°6 posté par Claude Bourrinet le 08/12/2008 à 09h22
C'est bien volontiers que je publie ce commentaire, étant entendu qu'il n'engage que son auteur.

H.P.

Réponse de le 08/12/2008 à 13h53
 
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