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  • : Hervé PICHON, élu à Versailles de 1995 à 2008. Ancien adjoint à l'urbanisme, ancien administrateur de l'office d'HLM Versailles-Habitat. Un regard libre, personnel et sans parti-pris sur la vie à Versailles et sur la vie politique.

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Jeudi 2 octobre 2008 4 02 /10 /2008 08:45

 « Vous verrez, me dit un Versaillais habitué de la tribune du public, l’ambiance a complètement changé : maintenant, la courtoisie règne enfin au conseil municipal ». J’ai donc voulu en avoir le cœur net et je suis allé assister du haut de la tribune à la séance du 25 septembre. En effet, quelle félicité ! Maintenant, tout le monde s’aime et, dans la salle du conseil, se déroulent des débats apaisés, empreints de suavité et de prévenance.

Assurément, il faut louer la manière de présider de François de Mazières, attentif à donner la parole à chacun et à laisser chacun s’exprimer. Juste une précision tout de même : Etienne Pinte était exactement tout aussi soucieux que son successeur de laisser s’exprimer ceux qui le souhaitaient. Il lui arrivait même de se voir reprocher d’être trop libéral dans la conduite de débats souvent furieux et qui, parfois, duraient au-delà du raisonnable.

 

Le vrai changement, ce n’est pas dans la manière de conduire les débats qu’il faut le rechercher, c’est dans le comportement d’Henry de Lesquen. Oubliés les tombereaux d’injures qu’il avait déversés au cours de la campagne sur un François de Mazières coupable à ses yeux de lui piquer ses thèmes et de lui siphonner ses électeurs. Le loup s’est transformé en agneau, le tigre s’est fait chattemite. Désormais, c’est une avalanche continue de félicitations adressées au maire dans les domaines les plus variés : pour l’inflexion donnée dans le domaine budgétaire, pour avoir « gelé » un million d’euros de crédits de fonctionnement, pour avoir liquidé le projet de reconstruction du gymnase Richard-Mique, pour avoir lancé le projet de piste cyclable boulevard du Roi, pour être « un homme indépendant », etc.

Ce concert de louanges traduit à l’évidence le souci d’Henry de Lesquen de gommer dans l’esprit des Versaillais cette réputation d’aboyeur qui lui colle à la peau. En se montrant si onctueux, il se construit ainsi une nouvelle image, celle d’un homme charmant et d’un commerce agréable, dont « les idées ne sont pas si mauvaises ». Avec tels ou tels membres de la nouvelle majorité municipale, il communie d’ailleurs dans une même détestation furieuse de l’équipe précédente et l’avenir dira très vite si, au-delà de cette aversion partagée, l’exquise lune de miel actuelle exprime en réalité d’autres convergences, celles-là plus concrètes et plus substantielles.

 

Ces déclarations d’amour ressemblent en tous cas clairement à un piège. Il n’est pour s’en convaincre que de relire la tribune libre donnée par Henry de Lesquen dans le numéro de juin du magazine municipal. On y trouve clairement exposé le cahier des exigences lesquiniennes pour ce qui concerne le dossier des Chantiers : abandonner le projet de « multiplexe géant », doubler le nombre de places du futur parc de stationnement, réserver les surfaces qui permettront de prolonger l’avenue de Sceaux jusqu’à l’A 86, et surtout - last but not least – supprimer le programme de logements sociaux prévu sur le site.

Pour l’heure, on nage dans un océan d’ambiguïtés et d’inconnues. Quand le moment sera venu de passer aux choses sérieuses, par exemple de dire ce qui, en définitive, se fera aux Chantiers, de mener une politique de logement social allant au-delà des « logements intermédiaires », de s’attaquer aux problèmes des transports en commun, à la modernisation de nos maisons de quartier et de nos équipements sociaux, qu’en sera-t-il des touchantes œillades d’aujourd’hui ?

Pour dire les choses comme je les vois, la relation qu’entretient François de Mazières avec Henry de Lesquen va devoir un jour ou l’autre être clarifiée : ou bien il a des convergences avec lui et les Versaillais finiront par s’en apercevoir, ou bien il n’en a pas et, alors, il lui faudra montrer beaucoup de courage et de fermeté car, un jour ou l’autre, le bon M. de Lesquen enverra la facture.

 

Rédigé le dimanche 28 septembre 2008

- Publié dans : Vie Versaillaise
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