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  • : Hervé PICHON, élu à Versailles de 1995 à 2008. Ancien adjoint à l'urbanisme, ancien administrateur de l'office d'HLM Versailles-Habitat. Un regard libre, personnel et sans parti-pris sur la vie à Versailles et sur la vie politique.

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Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /2009 18:19

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ar delà tous ses défauts, par delà toutes ses imperfections, l’Union européenne est devenue notre bien commun le plus précieux. Œuvre de plusieurs générations de visionnaires, les Schuman, Gasperi, Spaak, de Gaulle, Adenauer et tous ceux qui ont poursuivi la même route jusqu’à nous, elle représente quelque chose d’absolument unique dans le monde d’aujourd’hui. Existe-t-il quelque part sur la planète un ensemble de nations comparable à celui formé par ces pays d’Europe qui ont su faire grandir une construction politique assise sur des valeurs de civilisation, qui ont su constituer un grand marché à la fois espace de croissance et de compétition pacifique, qui ont su se doter d’une monnaie unique et, surtout, qui ont su nous donner cinquante neuf années de paix continue après les déchirements dont nos parents avaient tant souffert ?

 

L’influence de la France au sein des institutions européennes est fragile. Depuis plus de vingt cinq ans, j’ai arpenté régulièrement pour des raisons professionnelles les couloirs de la Commission, du Conseil et du Parlement européen à Bruxelles et à Strasbourg. Je peux témoigner que la France y est écoutée et suivie si elle sait se montrer elle-même à l’écoute, si elle sait proposer et bâtir, si elle sait constituer des alliances, des « arcs-en-ciel » comme on dit à Bruxelles. A l’inverse, j’ai pu voir que son influence peut gravement régresser si elle se montre, en particulier au sein du Parlement de Strasbourg, dispersée, émiettée, comme murée dans ses certitudes ou dans un pathétique soliloque. (1)

 

Qu’on ne s’y trompe pas : le Parlement européen est avant tout un lieu où se déroulent de féroces batailles d’influence. Au mieux, les grandes empoignades politiques et les effets de tribune tels qu’on les aime en France sous les préaux d’écoles ne recueillent dans l’hémicycle de Strasbourg qu’une attention distraite, voire une indifférence polie. Dans cette assemblée qui n’a cessé de voir ses pouvoirs s’élargir ces dernières années, le vrai levier de l’action pour un pays comme le nôtre, c’est la présence massive de ses représentants dans l’une des deux familles politiques dominantes, celle du PPE (Parti Populaire Européen), c'est-à-dire celle du centre-droit, et celle que forment au sein du groupe PSE les partis sociaux-démocrates européens. C’est là que se jouent les vrais enjeux d’influence, à condition toutefois d’y investir les postes-clés, d’y créer des réseaux et d’y agir en synergie avec d’autres nationalités, en particulier avec les Allemands.

 

C’est pourquoi il sera capital que le nombre de députés issus de l’UMP et de la Majorité présidentielle élus dimanche 7 juin soit le plus élevé possible. Parce qu’ils siégeront au sein du PPE, premier groupe du Parlement européen et lieu cardinal des grands arbitrages politiques à Strasbourg. Parce qu’ils pourront ainsi y faire entendre la voix française que Sarkozy a illustrée pendant sa présidence de l’Union au deuxième semestre de 2008 et qu’il exprime au Conseil, par exemple contre l’adhésion de la Turquie ou en faveur d’une action commune vigoureuse face à la crise ou face à l’immigration. Si la France veut être, dans le Parlement européen, un acteur et non un spectateur, il faut qu’elle investisse aussi massivement que possible ce fameux groupe PPE.

 

Barnier, ce n’est pas n’importe qui. Trente années d’une vie publique exceptionnelle lui confèrent une expérience et une densité à nulles autres pareilles. Avec l’aventure des Jeux Olympiques d’hiver en Savoie en 1992, avec ses passages à des postes ministériels dans des domaines aussi essentiels que l’Environnement, les Affaires européennes, les Affaires étrangères et, aujourd’hui, l’Agriculture puis comme Commissaire à Bruxelles pendant cinq ans, il a exercé quelques unes des plus belles responsabilités politiques que l’on puisse rêver de détenir. Pour le connaître et pour le suivre depuis plus de trente ans, je peux témoigner ici que, avec sa capacité d’écoute, sa capacité d’attention aux autres, sa haute silhouette, ses yeux bleu clair, son timbre de voix légèrement voilé, Barnier est, aujourd’hui, l’une des plus personnalités françaises les plus connues, les plus estimées et les plus appréciées dans l’univers des institutions communautaires européennes. Assurément, sa présence à Bruxelles et à Strasbourg sera un plus essentiel pour la France comme pour notre région.

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out dépend de nous !  Tout dépend de notre volonté d’exercer nos responsabilités de citoyens en allant voter dimanche prochain 7 juin. Tout dépend de notre souhait d’exercer un engagement de citoyen en incitant nos proches, nos amis, nos voisins à faire de même. Tout dépend du soutien que nous apporterons dimanche à Michel Barnier et à ses colistiers, c'est-à-dire à ceux et à celles qui, pour les cinq années à venir, seront les plus à même d’agir et de peser au nom de la France dans l’hémicycle de Strasbourg.

 

Rédigé le lundi 1er juin 2009

 

(1) Voir aussi mon article « Europe : la France est vraiment de retour », billet publié sur ce même blog le samedi 20 décembre 2008.

- Publié dans : Vie Politique
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