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es Nouvelles de Versailles publiaient il y a quelques semaines un article consacré au logement social à Versailles. Entretien avec l’adjoint au logement et président de l’office d’HLM Versailles Habitat Michel Bancal, lequel - selon la rédaction des Nouvelles - « tient à rassurer tous ceux qui pensent que le logement social n’est plus une priorité de l’équipe de François de Mazières. Bien au contraire … ». S’ensuivent des propos auxquels je souscris entièrement et qui semblent traduire une volonté : le logement social « est une nécessité si l’on veut avoir une ville vivante et dynamique » ; « nous avons entre 1800 et 2000 demandes » et la rotation est très faible : « on est dans une situation de quasi-blocage », « nous manquons de studios ou de cinq pièces ».
Pour étayer ces déclarations, un tableau chiffré achève de rassurer ceux qui viendraient encore à douter de la volonté politique de la municipalité dans le domaine du logement social. En effet, si l’on fait la somme des opérations que réalisera à terme sur le territoire communal l’office municipal Versailles Habitat et de celles qu’y réaliseront d’autres bailleurs sociaux, on aboutit au chiffre de 490 logements à réaliser sur Versailles dans les années à venir. Impressionnant ! Les chiffres sont là : 25 opérations, 490 logements, ce n’est tout de même pas rien ! Voilà de quoi river leur clou à tous ces mauvais esprits, au premier rang desquels figure l’auteur de ces lignes, qui oseraient encore mettre en doute la volonté municipale dans ce domaine.
Petit détail : sur les 490 projets de logements annoncés, 237 projets ne doivent strictement rien, mais alors rien du tout, à la municipalité actuelle ! La liste ainsi présentée dans le tableau évoqué ci-dessus constitue un bel hommage rendu au travail accompli jusqu’en mars 2008 sous l’impulsion d’Etienne Pinte. A Porchefontaine, à Jussieu, à Notre-Dame, à Saint-Louis, les différents projets de logements cités ont été conçus, financés et bouclés par Monique Lehuard lorsqu’elle était présidente de Versailles Habitat ou par différents autres bailleurs, le tout avec l’appui, parfois très nécessaire et tout à fait déterminant, d’Etienne Pinte et des élus qui ont travaillé sur ces sujets à ses côtés.
Le chiffre des opérations vraiment nouvelles et effectivement lancées à l’initiative de l’actuelle municipalité est infiniment plus modeste. Il concerne les 32 logements qui seront réalisés rue Edmé-Frémy par le bailleur 3F ainsi que trois logements-passerelles prévus par l’association Solidarités Nouvelles pour le Logement (SNL-Yvelines), des projets auxquels la Ville apporte un soutien tout à fait méritoire, soit 36 logements en tout. A ce chiffre, on peut ajouter deux projets auxquels l’équipe précédente songeait déjà mais qui, il est vrai, sont effectivement mis sur les rails ou mis à l’étude par la nouvelle municipalité : 17 logements dans le quartier de Jussieu-Petits Bois et un projet intelligent de 60 logements étudiants à Richard-Mique, tout près de l’Université.
Il y a tout ce qu’on annonce dans un tableau flatteur portant en majeure partie sur des opérations déjà lancées mais il y a aussi tout ce qu’on ne dit pas : les projets abandonnés ou en panne. 60 logements destinés aux personnes âgées à Jussieu : abandonnés ! 36 logements dans le secteur Richard-Mique : abandonnés ! Environ 50 logements prévus dans l’actuelle résidence Mignot : en panne ! 42 logements prévus dans le cadre du projet des Chantiers : en panne pour des années ! Soit environ 188 logements qui passent à la trappe alors que les dossiers étaient mûrs ou bien avancés.
Je l’ai déjà dit et je le redis comme je le pense : l’abandon des logements sociaux prévus à Richard-Mique est à mes yeux une décision consternante. De quoi s’agit-il ? De deux immeubles de petits logements, un projet dûment bouclé, financé, en particulier par l’Etat, et validé par le juge administratif après recours, un projet qui a ainsi été rayé d’un trait de plume, ceci pour la plus grande joie des riverains qui y étaient opposés et pour le plus grand dommage des demandeurs qui patientent depuis des années sur les listes d’attente ainsi que des personnes âgées qui comptaient dessus. Motif officiel avancé : bien qu’il soit conforme au PLU, ce projet ne correspond pas « aux normes souhaitables pour ce quartier ». Si telle est la raison invoquée, elle va constituer un précédent intéressant et, dès lors, je souhaite bien du plaisir à François de Mazières car, à chaque fois qu’il voudra mener à bien un projet quel qu’il soit, il se trouvera toujours quelqu’un en face de lui pour lui objecter que ledit projet ne correspond pas à des « normes souhaitables ». Petite question subsidiaire : combien de centaines de milliers d’euros, c'est-à-dire d’argent public, en termes de dédits d’architecte, de frais de bureaux d’études, d’honoraires d’avocats, va coûter à Versailles Habitat ce glorieux renoncement ?
J’entends déjà les cris d’orfraie : « Enfin ! Comment pouvez-vous passer sous silence les grands projets de la Ville dans le domaine du logement ? » Où sont-ils ces grands projets ? Au stade de quelles études ? Et, surtout, quelles acquisitions de terrains, quelles réserves foncières sont effectuées en vue de bâtir des logements neufs ? Peut-on raisonnablement envisager d’implanter du logement sur le terrain Pion ? Par ailleurs, la Ville peut-elle revendiquer comme étant l’un de ses projets la création future de quelque 100 logements pour étudiants annoncée par l’Etat dans l’enceinte de la caserne Vauban ? Est-elle partie prenante dans un projet qui relève d’une décision de l’Etat et de lui seul, prise dans le cadre du Plan de relance ? Le logement des étudiants, pour nécessaire qu’il soit dans notre ville, épuise-t-il à lui seul tout le domaine du logement social ?
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ans ce domaine capital pour l’avenir de Versailles qu’est le logement, l’heure de vérité sonnera quand on commencera à relever les compteurs. La Ville a conclu en 2007 avec le Département des Yvelines un contrat appelé CDOR (Contrat de développement de l’offre résidentielle) par lequel elle s’est engagée, moyennant une aide très substantielle de 10 000 € par logement, à faire construire à terme un certain nombre (un peu moins de 1500, sauf erreur de ma part) de logements publics et privés. Elle est également liée par le Programme local intercommunal de l’habitat (PLHI), en application d’engagements pris dans le cadre de l’intercommunalité. Enfin l’Etat aura son mot à dire, c’est-à-dire qu’il lui reviendra d’apprécier si notre ville se situe toujours dans une dynamique positive et volontariste permettant d’atteindre progressivement le fameux quota de 20 % de la loi SRU ou si, au contraire, elle lâche prise et laisse se briser un élan qui, ces dernières années, avait fait de Versailles une ville de référence en matière de logement.
Rédigé le dimanche 21 juin 2009 – Copyright Hervé PICHON