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  • Hervé PICHON, élu à Versailles de 1995 à 2008. Ancien adjoint à l'urbanisme, ancien administrateur de l'office d'HLM Versailles-Habitat. Un regard libre, personnel et sans parti-pris sur la vie à Versailles et sur la vie politique.

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Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 08:50

D

es Versaillais m’ont demandé pourquoi je n’ai pas écrit sur mon blog après le second tour des cantonales du dimanche 27 mars. Réponse : il faut essayer de ne jamais réagir à chaud à un événement fort mais plutôt laisser décanter, bref tenter de prendre du recul. C’est vrai que la défaite de Bertrand Devys, en faveur de qui j’avais activement pris parti, a été pour moi une vraie tristesse car j’éprouve beaucoup d’amitié à l’égard de cet authentique serviteur de Versailles. A quelques jours de distance, je reviens sur cet événement pour essayer d’y appliquer ma propre lecture, une lecture qui n’engage que moi mais qui m’engage complètement.

 

Dans le canton nord-ouest de Versailles, l’élection d’Olivier de la Faire est claire et nette. Il a fait une belle campagne, avec un site internet fort bien conçu et avec aussi une active présence de terrain. Incontestablement, cette élection marque un basculement de génération, c'est-à-dire une évolution tout à fait naturelle dans une ville dont, et c’est heureux, une partie de la population s’est renouvelée et rajeunie au cours de ces dernières années.

 

L’UMP n’était pas à la fête pendant ces élections cantonales. On a beau chercher à relativiser, elle a reçu, à Versailles comme ailleurs, un message assez rude, celui d’une perte de confiance, je devrais dire d’une forte désespérance, à l’encontre de la politique, ceci dans le contexte de crise multiforme que connaît la France depuis des années. Un message auquel il faudra apporter des réponses.

 

A Versailles, l’abstention a été énorme au second tour. 12 462 électeurs ne sont pas allés voter, soit un taux d’abstention de 65, 28 % à Versailles, très supérieur à celui de 55, 23 % recensé au niveau national. Ceci doit conduire tout le monde à faire montre d’une certaine humilité, en particulier Olivier de la Faire, un heureux vainqueur qui n’a reçu sur son nom que 3 124 suffrages sur 19 091 électeurs inscrits, soit moins d’un Versaillais sur six ! Bien sûr, il est un élu parfaitement légitime et son élection fait de lui le représentant de tous mais quand je lis ici ou là que « les Versaillais » veulent ceci ou ne veulent pas cela, je dis qu’il faut un peu de prudence et, à tout le moins, point trop de triomphalisme.

 

Désolé, je vais faire grincer quelques dents. Tant pis, je vais dire ici ce que je pense de la manière dont Olivier de la Faire s’est fait élire. Il y aura au moins un Versaillais qui l’aura dit. J’assume.

 

Aux électeurs, Olivier de la Faire a indiqué qu’il s’est « engagé politiquement à l’UMP ». Il s’est présenté dans le canton où Bertrand Devys, conseiller général sortant et lui aussi membre de l’UMP, demandait le renouvellement de son mandat. Jusque là rien à dire. Après tout, le premier tour, c’est un peu une primaire en grandeur réelle. En d’autres termes, c’était parfaitement le droit d’Olivier de la Faire de tenter sa chance et, ce droit, je le respecte infiniment.

 

Premier tour, dimanche 20 mars : Bertrand Devys est nettement en tête. Avec 2 402 voix, il devance de 1 159 suffrages son compétiteur Olivier de la Faire, qui recueille 1 243 voix. Ainsi donc, le résultat est clair mais Olivier de la Faire se maintient pour le second tour. Renseignement pris, il apparaît que ce maintien était destiné à « donner le choix aux Versaillais ». Voici un très louable souci mais qui, en l’occurrence, avait ipso facto une conséquence logique et inéluctable : Olivier de la Faire, « engagé à l’UMP », invitait ainsi à lui assurer la victoire tous les électeurs qui, pour une raison ou pour une autre, rêvaient justement de faire chuter ladite UMP.

 

Même hétéroclite, une coalition, c’est toujours bon à récupérer. Deux jours après le premier tour,  Olivier de la Faire appelait donc sur son blog de campagne à se rassembler autour de sa candidature le dimanche suivant les trois électeurs versaillais sur quatre qui avaient « manifesté leur volonté de changement à travers les différentes sensibilités exprimées ». En clair, tous étaient conviés à venir le soutenir de leurs suffrages : les électeurs de Mme Le Pen, trop heureux de l’occasion qui leur était ainsi offerte de dézinguer un de ces UMP abhorrés, les soutiens de M. Henry de Lesquen, trop contents de la bonne aubaine ainsi proposée de régler son compte à Bertrand Devys, ennemi juré du penseur de la droite de la droite, ceux des amis de M. de Mazières qui rêvaient d’achever le travail de nettoyage entrepris avec succès en mars 2008, tous les amis de M. Bayrou dont on sait l’affectueuse sollicitude qu’ils portent à l’UMP, et j’en oublie sûrement beaucoup d’autres. Ainsi Olivier de la Faire appelle-t-il tout une « droite décomplexée et porteuse de valeurs fortes » à venir construire avec lui pour Versailles « une nouvelle dynamique », un nouveau souffle en quelque sorte, au Conseil général.

 

Victoire éclatante du cynisme drapé dans le manteau de la morale et des « valeurs ». Décidément, je ne parviens pas à me départir d’une insondable naïveté : je continue de croire, contre toute évidence, que l’engagement politique, cela veut dire non seulement la fidélité à des convictions mais aussi la fidélité à sa famille politique, dans la difficulté comme dans le succès, et la fidélité à une éthique de l’action qui voudrait justement que la fin ne justifie pas tous les moyens. Voilà, j’ai dit ce que j’avais sur le cœur. Maintenant on passe à autre chose. Bon vent, Monsieur le Conseiller général !

 

Entre les deux tours, François de Mazières avait une occasion d’agir en faveur de l’unité dans sa ville. Le maire de Versailles avait fait savoir qu’il observerait la plus totale neutralité face à cette compétition électorale dans le canton nord-ouest de Versailles. J’admets volontiers cette posture compréhensible pour le premier tour. En revanche, et au risque assumé de déplaire décidément encore un peu plus, je pose publiquement la question suivante : pourquoi François de Mazières n’est-il pas sorti de son silence entre les deux tours ? Prenant acte du résultat du premier tour, il aurait pu agir en rassembleur, c'est-à-dire appeler justement à l’union de tous derrière celui qui avait triomphé de la primaire. C’était la fenêtre d’opportunité qui s’offrait à lui pour refaire l’unité et pour s’affirmer réellement comme le chef politique de sa ville.

 

François de Mazières aura besoin de tout le monde. Ce serait de sa part une erreur majeure que de croire que la « droite décomplexée » versaillaise exprime à elle seule toute la diversité des composantes politiques de notre ville. Il existe dans Versailles beaucoup d’autres sensibilités, en particulier celle qui se reconnait pleinement dans la vision politique humaniste incarnée au sein de la majorité par Etienne Pinte. Une vision à laquelle, pour ma part, je ne crains pas de me référer.

 

C

e qui compte, maintenant, c’est de regarder vers l’avenir. La séquence qui s’ouvre désormais va déboucher sur l’élection présidentielle, c'est-à-dire sur l’échéance capitale qui décidera du destin de la France. Il va falloir s’engager vraiment et se mobiliser. Mon souhait, c’est d’agir avec tous et sans exclusive pour expliquer et défendre ce qui se fait en France depuis 2007, pour essayer d’apporter des réponses aux questions posées par nos concitoyens et pour essayer d’éclairer les enjeux. Mon souhait, c’est d’agir avec tous pour faire gagner notre camp. Cela dit, et conformément à mon tempérament, je saurai demeurer libre. Libre de dire et d’écrire tout ce que je pense, libre d’approuver et de soutenir, libre aussi de critiquer et de proposer. Peut-être se trouvera-t-il des Versaillais pour s’aviser que cette route de crête, pour difficile à suivre qu’elle puisse être, ne sera peut-être pas inutile au débat public.

 

Rédigé le mercredi 6 avril 2011 – © Hervé PICHON

Publié dans : Vie Politique
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Commentaires

Cher Monsieur Pichon,
Je ne peux qu'approuver tout ce que vous avez écrit: ce qui
est dommage pour notre ami non réélu que j'apprécie à sa juste valeur et la neutralité, soit disant, qui en réalité est un coup de poignard dans le dos pour achever la victime
Il ne faut jamais oublier que le résultat des urnes à venir
concerne tous ceux qui à nouveau se présenteront aux élections surtout au terme d'un mandat.
Commentaire n°1 posté par Henri SARZIER le 07/04/2011 à 18h55
Cantonales - Résultats du 2ème tour – 27 mars 2011

PCD DE LA FAIRE Olivier 3 124 voix 52,86 % ELU Bravo !

1 - Analyse des reports de voix :
FN – Dominique Touly – 1er tour : 1 059 voix
– soit 34% des voix ODLF au 2ème tour.
DVD – Pierre-Etienne Valadier – 1er tour : 840 voix
– soit 27% des voix ODLF au 2ème tour.

2 - Calcul :
3 124 – (1 059 + 840) = 1 225 … le score ODLF au 1er tour … !

3 - Conclusion :
61% des Voix ODLF au 2ème tour sont dues au report intégral des voix FN et DVD ; (soixante et un pour cent …)

4 - Commentaire :
Les électeurs ont décidé d’éliminer le pion de Mme Pécresse, laquelle préfère voter PS…
Idem, notamment, à Versailles sud, Le Chesnay, St Germain… etc…

5 - Document :
« L’UMP se donne des allures de bateau ivre » in « 20minutes » du 30/03/2011 ;
(Est-ce que l’UMP78 fait exception… ?)
http://www.20minutes.fr/article/697109/politique-clash-copefillon-presse-souligne-ampleur-crise-ump

A word to the wise… !

UMP DEVYS Bertrand 2 786 47.14 % BATTU
Commentaire n°2 posté par ARITMETIK le 11/04/2011 à 08h50
 
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