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  • Hervé PICHON, élu à Versailles de 1995 à 2008. Ancien adjoint à l'urbanisme, ancien administrateur de l'office d'HLM Versailles-Habitat. Un regard libre, personnel et sans parti-pris sur la vie à Versailles et sur la vie politique.

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Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /Mars /2010 17:53

A

propos des élections européennes du mois de juin dernier, j’avais affirmé sur ce blog : « Tout dépend de nous ! ». C’est là très exactement ce que je pourrais écrire une fois encore, cette fois-ci à propos des élections régionales des 14 et 21 mars : tout dépend de ce que nous voudrons faire, tout dépend de ce que nous saurons exprimer. Simplement parce que c’est nous, les électeurs, qui détenons les clés de tout scrutin. Ce ne sont pas les sondages, ces fausses certitudes que l’on utilise en vue de nous faire croire que, en Ile-de-France, l’élection serait déjà jouée.

 

A entendre les commentateurs, folliculaires et autres experts de tous poils, ce n’est pas la peine d’aller voter puisque, paraît-il, Jean-Paul Huchon est déjà réélu ! Serinée sur tous les tons, cette prophétie relève d’une tentative évidente de démobiliser le corps électoral francilien et de le décourager de se déplacer en lui susurrant que « tout est plié ».

 

L’on devrait bien se méfier des scénarios écrits à l’avance. Déjà dans le passé, l’électeur a montré que c’est lui commande et que les victoires promises peuvent se changer en amères désillusions un soir de dimanche électoral. En 1995, on proclamait Edouard Balladur déjà élu plusieurs mois avant le scrutin présidentiel et, à l’approche des élections européennes de juin 2009, on prédisait les pires galères aux listes de l’UMP. Dans ces deux circonstances comme dans bien d’autres, les électeurs se sont chargés de rappeler que, dans notre démocratie, c’est eux les patrons.

 

A tous ceux de nos concitoyens qui regardent de loin ce scrutin, je suggère de porter attention à cette jeune femme qui porte sur ses épaules une vraie chance d’alternance politique à la tête de la région Ile-de-France. Derrière le sourire de Valérie Pécresse, candidate en campagne, se cachent une énergie exceptionnelle, un courage tranquille peu commun, une détermination farouche à réveiller notre région de sa torpeur. De ses années d’élue de terrain, de ses années de ministre de choc affrontée à une réforme si difficile et si cruciale pour l’avenir de la France, celle des universités, elle retire une expérience à nulle autre pareille et qui sera précieuse pour faire enfin bouger cette Ile-de-France si engluée dans le tête-à-tête entre les socialistes et les Verts.

 

Qu’on ne s’y trompe pas : les Verts vont peser très lourd dans cette campagne. Alors que Valérie Pécresse a réalisé l’union dès le premier tour, il faudra bien que les socialistes passent entre les deux tours un accord avec les Verts, ces alliés d’hier et concurrents d’aujourd’hui, ces libertaires qui militent pour une dépénalisation de toutes les drogues et pour la légalisation du cannabis et qui prônent la « décroissance sélective et équitable ». C’est Bertrand Delanoé, maire de Paris, qui dans Le Parisien du 9 mars a ce poussé  ce cri du cœur : « Les Verts prônent une forme de décroissance là où nous agissons pour une croissance réellement écologique ». Comprenne qui pourra. En tout cas, il y a fort à craindre que, au lendemain du premier tour, Jean-Paul Huchon soit obligé de manger son chapeau. Dans le cadre de cette alliance de la carpe et du lapin, comment va-t-il faire pour mettre en œuvre la politique de croissance qu’exige l’avenir de nos enfants en Ile-de-France, celle des emplois, des infrastructures, des moyens de transports, des équipements, des logements et des espaces de développement tels, par exemple et pour ce qui nous concerne directement, que le secteur du futur pôle international de recherche Versailles-Plateau de Saclay ?

 

T

out demeure donc possible pour ces régionales, mais à une seule condition : que nous sachions nous mobiliser ! Nous mobiliser, c’est notre manière, à chacun et à chacune d’entre nous, de nous affirmer responsables. Responsables de l’avenir de cette région d’Ile-de-France où nous aspirons à vivre mieux, à mieux circuler, à voir nos enfants mieux formés, à voir nos concitoyens mieux logés, mieux protégés et mieux insérés dans la vie active. Vivre en démocratie est une chance inouïe, un privilège que beaucoup d’hommes et de femmes nous envient de par le monde. C’est dire le poids de responsabilité qui pèse sur chacun et sur chacune d’entre nous : nous sentir concernés, écouter nos candidats, prendre part aux débats publics, aller voter, inciter nos entourages à le faire, prévoir si nécessaire un éventuel vote par procuration, ce n’est pas seulement faire honneur à ce bien si précieux qu’est la démocratie, c’est tout simplement agir pour nous-mêmes et pour nos enfants.

 

Rédigé le mercredi 10 mars 2010 – © Hervé PICHON

Publié dans : Vie Politique
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Commentaires

Moi qui scrute passionnément la vie politique nationale depuis des dizaines d’années, je ne comprends toujours pas. Je ne comprends toujours pas le ressort intime des électeurs non partisans qui font basculer les majorités d’une élection à l’autre. En observant Jean Paul Huchon et Valérie Pécresse on distingue quand même sans trop de difficultés le candidat qui va mettre l’imagination au pouvoir, de celui qui va expédier laborieusement les affaires courantes et servir les avantages acquis.
Et bien ces électeurs qui votent alternativement à droite ou à gauche vont cette année faire réélire Huchon.
C’est compliqué la politique.
Commentaire n°1 posté par Thierry Collong le 11/03/2010 à 22h58
concis , clair et précis; bien résumé, beaucoup de personnes ne savent malheureusement pas à quoi servent les régionales
Commentaire n°2 posté par bidon le boetté le 16/03/2010 à 23h34
 
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