Versailles Au Coeur
Les blogs, c’est le Café du Commerce d’aujourd’hui. On peut y dire tout et n’importe quoi. Pour ma part, je me suis fixé pour but de chercher à réfléchir, à réfléchir avec tous ceux qui voudront bien le faire avec moi et en essayant, autant que possible, d’éviter ces écueils bien connus du Café du Commerce que sont les affirmations péremptoires, les anathèmes définitifs, les polémiques subalternes, les Y-a-qu’à-faut-qu’on, les Qu’est-ce-qu’on-attend-pour, etc.
Réfléchir sur tous les sujets : ceux de notre ville de Versailles et de nos Yvelines, bien sûr, mais aussi ceux de notre pays, ceux de notre temps, ceux du monde tel qu’il est.
Nous vivons dans un monde difficile et dangereux, sur une terre à la fois « splendide et douloureuse », ainsi que l’avait écrit le Pape Paul VI dans son testament spirituel.
Notre responsabilité à nous, simples citoyen d’un pays démocratique où prévalent le respect du droit et celui des libertés individuelles, c’est d’être des citoyens lucides, lucides parce que informés de la complexité des enjeux et, en même temps, confiants dans nos capacités collectives et individuelles.
C’est peu de dire que la mort au combat de dix militaires français le 18 août dernier en Afghanistan a causé un vrai choc dans l’opinion française.
De tous les commentateurs qui se sont alors exprimés à propos de cet événement, il me semble que c’est Marie-Joëlle Guillaume, éditorialiste à l’hebdomadaire Famille Chrétienne, qui a su trouver les mots pour exprimer (1) ce que nous, citoyens, nous devons faire, chacun au niveau qui est le sien : « Nous sommes fiers à juste titre de la force et de la dignité de nos soldats. Mais, pour que leur sacrifice ne soit pas vain, nous leur devons l’intelligence et l’efficacité de l’engagement politique ».
Intelligere, en latin, cela signifie à peu près « relier les choses entre elles », c'est-à-dire comprendre ou du moins, pour ce qui me concerne, essayer de comprendre. Ainsi que nous y invite Marie-Joëlle Guillaume, il nous revient donc de scruter avec attention les enjeux et les réalités qui ont conduit deux présidents de la République puis, hier, l’Assemblée nationale elle-même, à décider l’engagement de troupes françaises en Afghanistan.
A la lueur de tout ce qui s’est dit ou écrit ces jours derniers au Parlement et dans la presse, j’essaierai d’ici quelques jours de restituer l’essentiel de ce grave débat.
Par ailleurs, j’aurai fini d’ici quelques semaines de me livrer à un exercice hautement difficile et surtout très périlleux, celui qui consistera à présenter sur ce blog une synthèse en cinq ou six feuillets d’un ouvrage de quelque quatre cent pages : le « Livre Blanc de la Défense et de la Sécurité nationale ». J’essaierai de dégager les vraies lignes de force de ce document rendu public peu avant l’été et qui remet à plat, sans tabous ni concessions, toutes les grandes problématiques de notre politique de défense.
J’encours le risque évident d’être lapidaire, réducteur voire simpliste mais je me dis que, ce faisant, j’aurai peut-être ainsi cherché à être, peu ou prou, un citoyen lucide. Je le redis ici après Marie-Joëlle Guillaume : pour que le sacrifice des soldats d’Afghanistan ne soit pas vain, nous leur devons l’intelligence et l’efficacité politiques.
Rédigé le mardi 23 septembre 2008
(1) : « Une guerre à comprendre »,
Famille Chrétienne, n° 1598, 30 aout 2008
En réalité, ce sont des amis un peu calés dans la question des blogs qui m'ont conseillé de ponctuer ainsi mes billets afin d'en rendre la lecture plus aisée.
A vrai dire, je trouve que vous avez assez raison : ce n'est pas terrible. Je vais essayer de trouver une formule plus agréable à l'oeil. Merci, en tout cas, pour cette observation.