Versailles Au Coeur
Emmanuelle de Crépy est une personne souriante et dynamique envers qui je nourris depuis longtemps une vive sympathie. Elle a été membre du conseil de quartier que j’ai présidé à Clagny-Glatigny et j’ai pu apprécier sa capacité d’écoute, sa disponibilité aux autres ainsi que, ce qui est pour moi plus important que tout, son sens aigu de l’intérêt général. En lui confiant, outre la culture, la responsabilité de la concertation et des conseils de quartier, François de Mazières a fait là un excellent casting.
Elle a présenté son projet de mise en place des conseils de quartier. Je retiens qu’elle conserve grosso modo le dispositif que j’avais moi-même créé en décembre 2001 : un collège des associations permettant de donner une représentation spécifique et équitable au tissu associatif versaillais, un collège de personnalités qualifiées désignées ad nutum par le maire et, enfin, un collège de conseillers de quartier désignés directement par les habitants, une innovation qui, il y a sept ans, m’avait fait traiter de fou jusque parmi quelques uns de mes amis mais qui avait permis à des gens, par exemple à Emmanuelle de Crépy elle-même, de rentrer dans un conseil de quartier sans avoir à passer obligatoirement par les fourches caudines des associations, comme c’était le cas jusqu’alors.
Des changements sont toutefois apportés par rapport au dispositif précédent. Ainsi, un mode spécifique de concertation est-il prévu pour les habitants de Satory afin de tenir compte, si j’ai bien compris ce qui a été dit, de la dualité de gestion de ce secteur de Versailles par les autorités militaires et par la Ville. De même, il est prévu une instance spécifique de dialogue pour les habitants du Domaine de Versailles. Autant d’innovations que j’approuve car elles me paraissent aller dans le bon sens.
Enfin, les élus de l’opposition seront invités à venir siéger dans les conseils de quartier. Sur le principe, je n’ai rien contre mais si tel n’avait pas été le cas en 2001, c’était clairement parce que beaucoup de piliers des conseils de quartier m’avaient à l’époque expressément demandé que ces instances locales de dialogue et d’expression ne deviennent pas des champs-clos de luttes politiques. Ce qui aurait pour effet, me disait-on alors à juste titre, de faire fuir sans retour tous ceux qui souhaitent avant tout discuter des problèmes qui les intéressent et qui ne veulent pas avoir à subir des joutes oratoires, postures politiques et manœuvres diverses qui ont peut-être leur place au conseil municipal mais sûrement pas dans un conseil de quartier. La nouvelle municipalité en a décidé autrement. C’est vrai qu’en ce moment, tout le monde s’aime. On verra dans quelques temps comment cela se passe, en particulier lorsque sortira du flou actuel la relation entre la majorité municipale et le bon M. de Lesquen.
Je suis bien placé pour savoir que la concertation a ses grandeurs et ses limites. Elle nécessite tout d’abord de la communication et, là, je reconnais bien volontiers avoir commis une belle erreur lorsque, en octobre 2001 et dans mon inexpérience d’alors, j’avais choisi, pour informer les Versaillais à propos de l'organisation prochaine de ces élections un peu inhabituelles, de m’appuyer sur le seul magazine municipal au lieu de déployer des moyens de communication à la hauteur de l’enjeu. A l’époque, cette communication insuffisante m’avait valu les lazzis d’Henry de Lesquen, lequel – sur ce point précis – n’avait pas tort. Instruite par l’expérience, Emmanuelle de Crépy fait ce qu’il faut pour que les habitants soient correctement prévenus en temps utile et c’est déjà le cas puisque le maire vient d’adresser à ce sujet une lettre à chaque Versaillais.
Une fois mis en place les conseils de quartier, les choses sérieuses vont commencer. La concertation est un art délicat qui exige non seulement du savoir-faire et de la diplomatie mais aussi beaucoup de courage ainsi que des nerfs d’acier, toutes qualités dont Emmanuelle est sûrement largement pourvue. En effet, il y a un moment où la concertation doit faire place à la décision, c'est-à-dire à la prise de responsabilité, moment de vérité parfois cruel où l'on voit ce que signifie vraiment le fait d’être élu.
Emmanuelle de Crépy annonce une charte de la concertation. Excellente idée s’il s’agit de bien définir les contours de ce qui relève du dialogue préalable avant toute prise de décision publique un peu lourde. Elle verra toutefois que, dans la pratique, ce n’est jamais simple et que, de toutes manières, il y aura toujours quelqu’un pour lui dire que la concertation est, ou a été, insuffisante.
En tous cas, je lui souhaite bon vent dans cette mission si importante, si passionnante et si riche de contacts humains en tous genres.
Rédigé le dimanche 12 octobre
Pour ce qui est des associations, je signale à votre attention que déjà, sous le précédent mandat municipal, chaque association ne pouvait concourir que pour un seul candidat et ceci quelque soit le nombre de ses adhérents. J'avais fait adopter cette disposition en 2001 afin de placer toutes les associations versaillaises sur un pied d'égalité les unes par raport aux autres.
Merci pour votre commentaire.
H.P.