Versailles Au Coeur

A

ttaqué par plusieurs recours, le Plan local d’urbanisme de Versailles vient d’être clairement et intégralement validé par le Tribunal administratif. Divers requérants avaient en effet introduit contre le PLU adopté en septembre 2006 par le conseil municipal de Versailles des recours qui, à travers ce document d’urbanisme, mettaient en cause des choix importants retenus pour notre ville par Etienne Pinte et par sa majorité municipale sous le précédent mandat : le projet urbain des Chantiers, bien sûr, mais aussi les dispositions relatives au plateau de Satory, celles concernant la politique de préservation des ilots de verdure dans les quartiers résidentiels ainsi que le projet de réalisation de deux petits immeubles de logements sociaux envisagé par l’office d’HLM Versailles Habitat sur un terrain constructible lui appartenant dans le secteur de Richard-Mique. Mis à part un point de détail concernant la protection de la vallée de la Bièvre, qui donne lieu à une annulation partielle tout à fait marginale (1), les requérants sont entièrement déboutés de toutes leurs demandes et le Plan local d’urbanisme se trouve explicitement validé sur le fond.

 

A

de vieilles controverses bien versaillaises, le Tribunal administratif apporte des réponses nettes et précises. Par exemple, le nombre de places de stationnement prévu dans le projet des Chantiers est-il trop faible et donc insuffisant ? Non, répond en substance le juge administratif, lequel relève qu’il « ne ressort pas des pièces du dossier que l’offre en aires de stationnement soit entachée d’une erreur d’appréciation au regard de la circulation et des besoins en stationnement dans ce secteur ». S’agissant des fameux espaces verts intérieurs (EVIP) prévus pour préserver les cœurs d’îlots verts de nos quartiers résidentiels, ces dispositifs auront-ils pour effet de créer un « effet de rempart » en favorisant les constructions à l’alignement et de porter ainsi atteinte au principe de préservation des paysages ? Le Tribunal répond également par la négative et souligne au contraire que, dans le cas où est prévue la protection d’un élément ou d’un ensemble végétal, l’implantation d’une construction est déterminée pour répondre à une mise en valeur de l’élément concerné. Enfin, je dirai surtout, le juge administratif valide en tous points le projet de construction des deux immeubles de logements sociaux prévus dans le secteur de Richard-Mique. Sur des sujets essentiels, le Tribunal administratif donne ainsi totalement raison à la Ville et remet utilement quelques pendules à l’heure.

 

C

e jugement sur le PLU constitue une très bonne nouvelle du point de vue de l’intérêt général. Il illustre l’extrême difficulté et les très nombreux obstacles que rencontrent des élus et responsables publics quels qu’ils soient pour conduire à leur terme des projets d’intérêt public lorsque ceux-ci dérangent des intérêts particuliers. Ainsi, par exemple, quand des requérants, appuyés bizarrement en l’espèce par une association yvelinoise de défense de l’environnement, invoquent le « principe de précaution » de la Charte de l’environnement pour demander l’annulation des projets de logements sociaux à Richard-Mique, le juge administratif ne s’y laisse pas prendre et considère que « les deux permis de construire litigieux, qui portent sur la création, en zone urbaine, de deux immeubles à usage d’habitation comportant respectivement seize et vingt logements ne sont pas, eu égard à leur affectation et à leurs caractéristiques, susceptibles de porter atteinte au principe de précaution ou au droit à un environnement équilibré et respectueux de la santé ». Mieux encore, aux mêmes requérants, le Tribunal administratif rétorque que ces 36 logements ne peuvent pas « être regardés comme de nature à induire une densification significative de l’habitat dans ce secteur, susceptible d’entraîner une augmentation notable de la circulation » et ajoute que « le risque pour la

sécurité publique qui résulterait, en tant que tel, du nombre de logements sociaux dans le secteur de la ville concerné n’est pas établi ».

 

Q

ue va faire désormais le nouveau maire de Versailles ? Même si les requérants font appel du jugement rendu par le Tribunal administratif, François de Mazières dispose désormais d’un document d’urbanisme juridiquement valide et applicable sans délai. Que fera-t-il pour ce qui concerne le dossier des Chantiers ? Peut-être le saurons-nous bientôt. Décidera-t-il ou non, par ailleurs, de donner le feu vert au projet, désormais purgé de recours, de logements sociaux à Richard-Mique ? Ceci n’engage que moi mais on ne m’enlèvera pas de l’idée que le maire de Versailles va devoir sortir du flou actuel et se positionner clairement sur ces deux dossiers comme sur bien d’autres. En réalité, François de Mazières va être désormais confronté à la cruelle nécessité de  prendre des risques, en tout cas celui d’affronter Henry de Lesquen ainsi que celui de déplaire à divers lobbies et comités Théodule versaillais qui, sur ces sujets comme sur d’autres, l’attendent de pied ferme armés de leurs fusils à tirer dans les coins. Après ce jugement sans équivoque rendu sur le PLU par le Tribunal administratif, voici que François de Mazières commence à se rapprocher du pied du mur. Assurément, il va être difficile pour lui de sortir de l’ambiguïté ambiante pour commencer, enfin, d’entrer dans le réel.

 

Rédigé le mardi 30 décembre 2008

 

(1) : Afin de renforcer le niveau, déjà élevé, de protection qui s’attache au caractère de site classé de la vallée de la Bièvre, la Ville avait précisé dans le règlement de zone concernant le flanc sud du plateau de Satory que les constructions susceptibles d’être édifiées à cet endroit « ne doivent pas être visibles depuis les espaces publics du site classé de la vallée de la Bièvre ». Le Tribunal administratif a considéré que la mention « espaces publics » est discriminatoire par rapport aux espaces privés et a donc annulé cette phrase et elle seule. En revanche, il a donné raison à la Ville pour ce qui concerne les autres précautions prévues dans ce PLU en vue d’assurer la protection des vues vers la partie sud du plateau de Satory, (règles de hauteur différenciées, compensations paysagères), considérant qu’elles sont « suffisantes au regard de l’impératif de protection du site classé de la vallée de la Bièvre ».

Jeu 1 jan 2009 5 commentaires
Merci beaucoup pour cet éclairage extrêmement intéressant et précis. je suis heureux que le tribunal est rendu "justice" au travail d'Etienne Pinte, au votre et à celui de l'ancienne équipe.J Vermont
jean vermont - le 06/01/2009 à 11h23
Sauf erreur manifeste de ma part, la validation globale par le Tribunal administratif du PLU ne change strictement rien à la situation actuelle. Le PLU est entré en vigueur dès son adoption par le conseil municipal en septembre 2006, les recours engagés devant les juridictions administratives n'étant pas suspensifs. Aucun sursis à exécution n'avait par ailleurs été ordonné par la juridiction administrative, de telle sorte que la situation de la nouvelle municipalité est exactement la même au lendemain du jugement du tribunal administratif qu'à la veille de cette décision. Quant aux dossiers de Richard Mique et des Chantiers, ils ne sont pas affectés par le jugement rendu pour la même raison. Les permis ont été délivrés en leur temps et étaient exécutoires dès leur délivrance, peu importe que des recours (toujours non supensifs) aient ou non été engagés. Il est exact par ailleurs que la nouvelle municipalité doit se débattre avec un projet des Chantiers déplorable d'autant plus complexe que l'ancien maire a signé les permis de construire entre les deux tours de l'élection municipale, et avisé le pétitionnaire de la délivrance du permis moins de deux heures avant la désignation officielle de François de Mazières comme maire. La crise actuelle permettra peut être au promoteur de ne pas trouver les financements nécessaires à son opération et la mairie parviendra peut être à faire l'économie des sommes gigantesques qu'elle devrait avancer sans rien obtenir en contrepartie si ce projet des Chantiers devait aller jusqu'au bout. En fait, il est surtout regrettable que votre article, intéressant sur le fond, soit en réalité une occasion pour vous de jeter de l'huile sur le feu en essayant à nouveau de rallumer un feu et d'attiser la haine entre Henri de Lesquen et la majorité actuelle. Etienne Pinte a trouvé en 2001 un membre de son équipe pour apporter son soutien à la gauche et priver l'équipe Lesquen de tout siège en commissions dès le premier conseil municipal. Dès ce premier conseil, Etienne Pinte a provoqué un incendie qui a pourri le débat au sein du conseil municipal pendant toute la mandature en faisant d'Henri de Lesquen un enragé et un opposant très résolu par la trahison dont il a pu estimer être la victime. La ville en a supporté de nombreux frais de justice au travers de nombreux procès qui ont opposé Henri de Lesquen soit au maire soit à des conseillers municipaux (Devys, Bancal, Marvaud etc). Les relations entre Henri de Lesquen et la majorité municipale sont aujourd'hui apaisées. Les membres du conseil sont même aujourd'hui tous unanimes pour dire qu'Henri de Lesquen sait faire des interventions tout à fait pertinentes, très éloignées des propos polémiques que votre équipe (tendance Pinte Devys) lui a fait tenir entre 2001 et 2008. Ne jouez pas au pyromane comme l'a fait le précédent maire en 2001.
NJ - le 06/01/2009 à 12h38
Merci pour votre contribution au débat.

Je ferai cependant une observation : bien évidemment, le PLU adopté en septembre 2006 était devenu exécutoire peu après son entrée en vigueur et c'est d'ailleurs sur la base de ce document qu'ont été délivrées des autorisations d'urbanisme parfaitement valides. De même les deux PC délivrés pour le projet de Richard-Mique, quoiqu'ils fussent attaqués dans le cadre du PLU, étaient immédiatement exécutables. Sur ce point, et juridquement parlant, vous avez raison.

Cela dit, aussi longtemps qu'ils étaient frappés de recours portant sur le PLU lui-même, des grands projets comme celui des Chantiers ou, à une moindre échelle, comme celui de Richard-Mique étaient grevés d'une hypothèque lourde.

Avec le jugement du tribunal administratif intervenu le 16 décembre dernier, cette hypothèque est aujourd'hui levée et, c'est bien ce que je dis : désormais François de Mazières dispose d'un PLU purgé de recours et devra, à un moment ou à un autre, prendre ses responsabilités sur le fond de ces divers dossiers liés au PLU.

Quant à votre commentaire sur les relations entretenues avec Henry de Lesquen par les majorités municipales, celle d'hier et celle d'aujourd'hui, je vous en laisse la responsabilité.

H.P.

Anonyme
Vos articles sont bien documentés mais au détour d'une phrase l'amertume de la défaite pointe toujours. Versailles a changée et vous avez sans doute raté cela ? Le projet des Chantiers est une tache pour l'ancienne municipalité : 37Millions d'engagements hors bilan, c'est engager Versailles au dela de ses capacité d'emprunts (5 millions/an). Chacun comprend l'étendu du problème ! Vous devriez aussi nous aider à comprendre pourquoi un Maire dit respectueux de la loi républicaine signe un tel permis de construire après l'élection alors que le maire élu avait clairement indiqué son désacord. C'est à tout le moins déloyal sinon suspicieux de transaction non écrite.
Nicolas.H - le 17/01/2009 à 15h58
Réponse à Nicolas.H

Il n'y a pas d'amertume dans le contenu de mes écrits mais le souci de faire part de ce que je crois être ma vérité, en tout cas ma part de vérité.
Les Versaillais ont droit à autre chose que la pensée unique qu'on leur sert depuis dix mois.
Désolé si cela vous gêne.

H.P.

Anonyme
c'est mal connaître la loi que d'écrire qu"un maire signe un permis après l'élection (d'un autre) qui avait clairement indiqué son désaccord" et que ce permis soit valide... vous avez l'air, Nicolas H. de vouloir donner des leçons de respect, commencez par en prendre en matière de droit. Soit vous parlez du nouveau maire qui n'était alors pas élu et en ce cas le maire sortant est toujours maire et peut signer dans le respect de la loi républicaine tout document...
candide - le 07/02/2009 à 21h44
e suis outré par les mensonges de M. Pichon!! c'est pas beau M. Pichon d être mauvais perdant et de ne pas accepter les lois démocratiques de notre République!!
Vous avez été chassés de Versailles parce que vous n étiez pas bons!!
Je comprends que cela vous chagrine, mais je vous en supplie.. accepter le vote des électeurs! Ils sont à respecter..Si M de Mazières n était pas réélu, il s 'en prendait qu'à lui.!!!!!!!!!!!!!!!
Vous croyez honnête que M Pinte ait signé le permis de construire entre les deux tours des municipales ????(entaché de nullité) et pire le jour de la remise des pouvoirs à M. de Mazières..si c'est ça votre conception de la démocratie..je commence à comprendre.
Ne soyez pas aigri, venez travailler pour Versailles.. tous les gens compétents et qui ont des idées sont les bienvenus
Ca sert à quoi de ressasser dans son petit coin?? que les ex 53 se la jouent, je trouve ça assez pitoyable!!! Haut les coeurs, tous ensemble unis..M Pinte a fait beaucoup de tort à Versailles, un tort immense..c'est lui le seul et unique responsable de la situation maintenant qu il est définitivement éliminé.. soyons tous, UMP, unis et avançons sans esprit de revanche.

Courage

antoine roucher
antoine roucher - le 22/03/2009 à 08h54
Réponse pour M. Roucher : cet article consacré à un jugement récent du Tribunal administratif de Versailles consacré au PLU de Versailles ne comporte pas de mensonges mais l'analyse précise d'une décision de justice administrative qui a validé totalement des choix antérieurs sur lesquels le maire de Versailles doit désormais se prononcer et prendre ses responsabilités. Par ailleurs, soyez rassuré : je ne suis pas un aigri (ceux qui me connaissent savent que ce n'est pas trop mon genre) mais quelqu'un qui a accepté très sereinement la victoire de François de Mazières en mars 2008. En revanche, j'entends exercer en toute liberté mon droit de critique et mon droit de contribuer au débat public. Il me semble que je le fais de manière plutôt sérieuse et argumentée. Enfin sachez que le précédent maire de Versailles a signé les permis de construire du projet des Chantiers avant le premier tour, en application des décisions votées par le conseil municipal et par tous les membres de la majorité d'alors. Merci, cependant, pour votre commentaire et acceptez que des gens expriment des positions contraires aux vôtres.
H.P.
Anonyme