Versailles Au Coeur
C’est cette semaine que les adhérents de l’UMP choisiront leur chef de file pour les élections régionales de 2010 en Ile-de-France. Des voix se sont élevées au sein de la majorité pour déplorer ces « primaires » au motif qu’elles créeraient de la zizanie parmi les adhérents. Tout d’abord, l’UMP montre ainsi qu’elle est un parti moderne et démocratique, au sein duquel des choix importants sont faits en toute clarté et en toute liberté par les militants. Par ailleurs, je trouve que la campagne s’est globalement bien passée et qu’elle fait plutôt honneur à cette formation politique. N’oublions pas que la pratique de la démocratie interne au sein d’une grande formation républicaine constitue un enjeu qui concerne tous les Français, tant il est vrai qu’un bon fonctionnement des partis contribue directement au bon fonctionnement d’une démocratie dans son ensemble.
Je veux dire ici mon entier respect pour celles et ceux qui ont fait le choix de soutenir la candidature de Roger Karoutchi. Je compte d’ailleurs parmi eux beaucoup d’amis qui me sont très chers et j’éprouve une vraie considération pour cet homme énergique et infatigable qu’est le patron du groupe UMP du Conseil régional d’Ile-de-France. Je ne sais pas qui sortira vainqueur de cette compétition mais je me rangerai dès le 22 mars derrière celui, ou celle, qui gagnera et j’aurai plaisir à retrouver dans une action politique commune les nombreux amis que je sais avoir soutenu l’autre candidat. Je suis sûr que ces semaines de campagne intense vont susciter un formidable élan, celui dont nous aurons tous besoin pour l’emporter en 2010.
On aura compris que mon choix se porte sur Valérie Pécresse. Ce choix de ma part n’est pas seulement dicté par l’amitié que je lui porte depuis bientôt huit ans. C’est vrai que, lorsque j’avais vu arriver cette jeune femme au début de l’année 2002, parachutée dans le département pour briguer le siège de député de la deuxième circonscription des Yvelines, j’avais ressenti une certaine réticence parce que je croyais que « Paris » nous envoyait une fois de plus l’énarque de service, dans les bonnes traditions de la Cinquième. Mais, dès que nous avons fait connaissance, j’ai très vite vu qu’elle est beaucoup plus qu’une surdouée de la politique, beaucoup plus qu’une surdouée tout court.
Comme bien d’autres ici dans les Yvelines, j’ai compris que Valérie Pécresse, c’est d’abord quelqu’un qui a des convictions très solides et qui sait faire preuve d’un vrai courage politique. Pour avoir suivi de près son activité parlementaire entre 2002 et 2007, j’ai pu voir que, au contact quotidien du terrain yvelinois, elle a abattu un travail considérable et très approfondi de réflexion sur des sujets « sociétaux » parfois difficiles, ceux qui sont au cœur de notre vie d’aujourd’hui, ceux qui sont au cœur de la vie des Franciliens : la famille, la protection de l’enfance et de la jeunesse, les formes nouvelles de la pauvreté, l’école, l’Université, la question du vieillissement, les problèmes de bioéthique, l’environnement, les transports, l’aménagement du territoire, le logement, etc., avec toujours en tête cette idée bien ancrée en elle que la priorité, c’est de se projeter loin dans l’avenir, d’imaginer une France dynamique et ouverte sur le monde, une France réconciliée, juste et innovante.
Est-il réforme plus importante pour l’avenir de la France, pour l’avenir des jeunes, que celle de l’Université ? Il fallait à Valérie Pécresse un sacré tempérament pour s’attaquer à ce dossier, là où tant de ministres ont échoué depuis Edgar Faure. Augmenter de 15 milliards cumulés en cinq ans le budget des universités françaises d’ici à 2012, lancer le plan Campus pour moderniser les équipements universitaires, réformer l’orientation des jeunes, réaliser enfin l’autonomie des universités, celle dont on parle depuis si longtemps : peu de ministres pourront aligner un tel bilan. C’est vrai que c’est difficile ! C’est vrai que la période actuelle, une période de crise comme la France n’en a pas connu depuis les années trente, est marquée par les inquiétudes et par la contestation. Mais ceux qui connaissent Valérie Pécresse savent qu’elle reste zen et calme dans la difficulté, toujours aussi déterminée mais aussi toujours ouverte au dialogue et à l’écoute, en praticienne éprouvée des dynamiques du changement.
Qui faut-il choisir pour partir à l’assaut de la région Ile-de-France ? Pour moi, le choix est clair : je voterai pour mettre en piste une nouvelle génération, un visage nouveau pour l’Ile-de-France, une personnalité exceptionnelle et une vision d’avenir. A tous les amis membres de l’UMP qui me liront, je demande de voter entre le 16 et 22 mars et de saisir cette chance unique qui s’offre à nous.
Rédigé le samedi 14 mars 2009
Donner l'autonomie aux universités est un but très louable (partagé par le reste du monde occidental), mais sans les structures et les réformes qui vont avec, c'est presque suicidaire. Présider une université nécessite des compétences qui généralement ne sont pas demandées aux enseignants-chercheurs. C'est pourquoi dans le reste du monde, le président d'université est le plus souvent nommé par celui qui exerce la tutelle de l'université (c'est bien normal, c'est lui qui paye) et choisi parmi des personnalités ayant une large expérience du management (cf Oxford [lord Batten],ETH Zurich, TU Delft...). Il lui est alors adjoint un vice-président ou un recteur, enseignant-chercheur, élu par ses pairs, avec lequel il partage la direction de l'établissement. Nos présidents, eux, tous enseignants-chercheurs, seront seuls et élus par les seuls personnels de l'université (recul de VP sur ce point essentiel par rapport au projet initial) ... c'est prendre le risque d'introduire une forte démagogie et gabegie dans l'université voire de faire de certaines universités des foyers permanents de constestation.
Une seule grande réforme de l'enseignement dans l'université a été entreprise il y a 5 ans (par ses prédécesseurs), il s'agit de la création des masters (à la suite du processus dit de Bologne). Dans le reste du monde, l'admission en master est sélective (en France, la sélection à l'entrée des masters est interdite par la loi, elle n'est permise qu'à partir de la 2ième année de master, c'est à dire à l'entrée dans l'ancien 3ième cycle. Il était essentiel de modifier la loi, cela n'a pas été fait). En conséquence, les masters français sont des formations qui seront difficilement valorisables à l'international, c'est pourtant le diplôme phare, après le doctorat, de toutes les universités dans le monde.
Le problème de l'université reste donc entier. Que dire de la recherche quand on constate que le CNRS est au bord de l'implosion ?
Raphael