Versailles Au Coeur
V
ingt-huit voix, c'est-à-dire l’unanimité des suffrages de la majorité départementale ! Hier vendredi 3 juillet, Alain Schmitz a emporté une très belle élection au fauteuil de président du Conseil général des Yvelines. Une élection de maréchal, aurait-on dit en un autre lieu.
C’est une très bonne nouvelle pour les Yvelines. Issu de plusieurs générations de Versaillais depuis le XVIIIe siècle, cet homme politique au parcours impeccable incarne à mes yeux une vertu première : celle de l’équilibre. Equilibre entre la quête du consensus et la capacité à décider, entre le respect des sensibilités politiques des autres et la fidélité à la sienne, entre le respect des richesses du passé et l’ouverture vers l’avenir, entre l’amour des paysages et le goût de l’urbanisme et, ainsi qu’en témoigne son discours d’intronisation d’hier, souci de l’équilibre à préserver entre les différentes composantes géographiques et humaines de ce territoire complexe et divers qu’est le département des Yvelines.
A Alain Schmitz, je dois mon premier engagement municipal à Versailles. Alors que je ne le connaissais guère, je lui avais demandé de me recevoir à l’automne de 1994 car je souhaitais solliciter auprès de lui conseils et appui en vue d’organiser un concert au musée Lambinet. A ma grande surprise, l’entretien avait assez rapidement quitté les joies de la vie musicale pour aborder un sujet auquel je ne m’attendais point puisqu’il avait de lui-même évoqué l’éventualité de proposer mon entrée dans l’équipe municipale de Versailles à l’occasion des élections suivantes de juin 1995. A cette époque, nous nous disions « vous » long comme le bras et je me souviens de mon émotion lorsque, le soir de notre élection et alors que nous terminions les opérations de dépouillement dans notre bureau de vote de la rue La Bruyère, il m’avait enfin tutoyé, me signifiant ainsi mon entrée dans la famille : « Maintenant, tu m’accompagnes à l’Hôtel de Ville ».
De lui, j’ai tout appris sur la vie d’élu local. Entre 1995 et 2001, c'est-à-dire au cours du premier mandat municipal d’Etienne Pinte, Alain Schmitz n’était pas seulement l’adjoint à l’urbanisme que l’on sait mais avait également en charge la responsabilité de la concertation. A ce titre, j’ai beaucoup travaillé à ses côtés puisqu’il m’avait fait désigner président du conseil de quartier de Clagny-Glatigny, une fonction passionnante à tous égards et réellement formatrice pour le néophyte que j’étais alors mais très exposée. C’est là que, dans le quotidien du travail de terrain, dans les réunions parfois agitées de la vie locale, au cœur de dossiers complexes et souvent très sensibles, j’ai vu à travers Alain Schmitz ce que signifie concrètement l’expression « un homme solide », c'est-à-dire quelqu’un qui sait rester zen et garder le sourire en toutes circonstances, quelqu’un qui sait, en même temps, maintenir à tout instant éveillé son sens de l’écoute tout en suivant le cap fixé.
Depuis plus de vingt-cinq ans, Alain Schmitz est demeuré constamment un élu populaire à Versailles. Son inépuisable gentillesse et l’attention spontanée qu’il porte aux gens ne peuvent que susciter une sympathie bien méritée et ce n’est pas non plus le hasard si, à n’en pas douter, bien des habitants de son canton nord de Versailles (Jussieu-Petits Bois-Picardie, Montreuil, Clagny et Glatigny) votent pour lui aux cantonales alors qu’ils donnent probablement leur suffrage à d’autres sensibilités politiques lors d’autres scrutins. Ce courant de sympathie, il le doit aussi à un engagement social dont j’ai été le témoin direct pendant toutes ces années où j’ai siégé à côté de lui au sein de la commission d’urbanisme et à celui du conseil d’administration de l’Office d’HLM Versailles Habitat. Je l’y ai vu soutenir activement les projets, parfois controversés, qui font le noyau dur d’une vraie politique municipale, ceux qui, plus tard, resteront dans le paysage et bénéficieront aux Versaillais sous forme d’équipements collectifs, de logements sociaux et d’aménagements urbains.
D’aucuns qui ont pu croire de lui qu’il est une sorte de dilettante de la politique se sont lourdement trompés. J’ai le souvenir précis de réunions de travail avec des associations versaillaises autour du projet de Plan Local d’Urbanisme dans les années 2002-2003. Doté d’une impressionnante mémoire, Alain Schmitz connaissait son dossier (pas loin de mille pages) sur le bout des doigts et avait réponse à tout. J’ai pu voir que, derrière l’homme détendu et souriant, spécialiste des interventions brèves et percutantes, se cache un vrai bosseur, autant capable de précision dans l’analyse que de fulgurance dans la synthèse. Du 1er mai au 25 septembre 2004, Alain Schmitz a siégé au palais du Luxembourg comme sénateur des Yvelines en remplacement de Gérard Larcher, devenu ministre du travail. Nombre de sénateurs ont conservé un souvenir chaleureux de ce collègue à la silhouette de jeune homme qui déclarait lui-même avec humour être « en stage » au Sénat, ce qui ne l’a pas empêché d’intervenir, à peine arrivé et à la demande de la commission des Affaires culturelles, sur la diffusion audiovisuelle des chaines hertziennes privées et en faveur des radions privées indépendantes.
Ceux qui le côtoient savent aussi qu’il est un artiste de l’humour pince-sans-rire. Je m’y suis moi-même souvent laissé prendre lorsque j’étais jeune conseiller municipal. Cependant, sa courtoisie innée et son fort goût pour le consensus ne l’empêchent nullement de savoir donner des coups de patte quand il le juge nécessaire. Ainsi, un soir de conseil municipal et sur le ton infiniment courtois dont il ne se départit jamais, il avait fermement renvoyé dans ses buts un collègue qui lui reprochait de manquer d’ambition pour Versailles au motif qu’il se refusait à envisager pour la ville une croissance démographique jusqu’à 100 000 habitants.
E
n septembre 2004, Alain Schmitz avait dû renoncer à se présenter à nouveau au Sénat en raison des effets de la parité. Sûrement à regret mais avec une parfaite élégance, il s’était donc retiré, ce qui lui avait valu d’être appelé « le gentleman-sénateur » par Gérard Larcher, tête de liste de l’UMP aux sénatoriales de septembre 2004. J’espère que le président du Sénat ne m’en voudra pas trop si, lui piquant sans vergogne cette jolie expression, je dis ici à mon tour que, nous les Yvelinois, nous avons cette chance insigne d’avoir désormais à la tête de notre département un authentique gentleman-président.
Rédigé le samedi 4 juillet 2009 – Copyright Hervé PICHON
Il faut ajouter aux actions de Alain Schmitz la rénovation du Pavillon des Filtres au carrefour de l'avenue des Etats Unis et de la rue du Général Pershing.
Ce fut une action trés importante pour notre quartier car depuis ,notre association de quartier a la possibilité de le faire visiter le jour de la fête du patrimoine.