Versailles Au Coeur

 

L

e Forum des Associations organisé à Versailles le samedi 12 septembre était une fois encore une très belle réussite. Assurément, il faut en féliciter Sylvie Piganeau, adjointe déléguée aux maisons de quartier et à la vie associative au sein de l’équipe municipale. Avec le concours de toutes ses équipes de la direction de la Vie des quartiers et avec celui des services techniques municipaux, elle a su créer l’ambiance festive et conviviale qu’il fallait pour rassembler avenue de Paris le très riche tissu associatif de Versailles, empruntant ainsi la voie qui avait été ouverte sous le précédent mandat par Catherine Cabanes et par Françoise Frange.

 

Pour rien au monde, je ne manquerais ce rendez-vous. En effet, le Forum des Associations, c’est le moment précieux entre tous pour saluer et revoir tant d’amis, tant de visages qui m’étaient devenus familiers au cours de mes années de mandat municipal, toutes ces figures d’animateurs associatifs, jeunes et moins jeunes, qui forment le Versailles profond dans toute sa diversité. Défense du cadre de vie et de l’environnement, éducation populaire, action sociale et solidarité, vie familiale, vie culturelle, sports et loisirs, etc. : nombreux sont les terrains sur lesquels des hommes et des femmes de toutes conditions et de tous milieux s’engagent bénévolement et généreusement, mus par le désir de se projeter hors de leur sphère personnelle et par le souci d’apporter quelque chose aux autres. Il n’est pas étonnant, dès lors, que l’on puisse croiser avenue de Paris dans les allées du Forum des Associations tant de ces silhouettes qui font la richesse humaine d’une ville et le sel d’une vie sociale.

 

Au fil de mes déambulations parmi les allées du Forum, j’ai eu le plaisir d’échanger quelques mots brefs avec Mademoiselle Béguin. Colonel en retraite de l’Armée de terre, Mademoiselle Lucienne Béguin est l’animatrice à Versailles et pour les Yvelines de l’association Les Droits du Piéton, un mouvement qui, comme son nom l’indique, s’attache à défendre, partout où cela est nécessaire, le droit pour les piétons de circuler en toute sécurité sur les espaces qui leur sont en principe réservés, c'est-à-dire, et c’est bien le moins qu’ils puissent demander, sur les trottoirs.

 

C’est vrai que la lutte est chaude. De toutes parts, l’espace en principe dévolu dans les villes aux piétons, est contesté, grignoté, envahi : stationnement sauvage ou abusif, voire carrément à quatre roues, des automobiles, stationnement des motos et autres deux-roues avec ou sans moteur, emprise croissante des formes d’occupation du domaine public, licites ou non, par des étals de commerçants et des terrasses de bistrots, sans oublier les panneaux et autres chevalets  publicitaires  ni, bien sûr, le mobilier urbain sous toutes ses formes.

 

Enfin, et surtout, le trottoir devient plus en plus un lieu de circulation concurrente d’autres modes de déplacement que les pieds. Bicyclettes, trottinettes avec ou sans moteurs, rollers, planches à roulettes, etc. : comment s’étonner, dès lors, que les piétons, adultes faisant leurs courses, enfants des écoles, mères de famille avec poussettes et tout-petits, personnes âgées ou à mobilité réduite, tous se sentent quelque peu assiégés dans un milieu urbain où l’espace vital leur est chaque jour plus disputé ?

 

 

 

 

On est là au cœur des sujets qui fâchent et, sur cette question,  il faut aux élus municipaux une sacrée dose de fermeté. Tout le monde a une bonne raison à faire valoir pour défendre son droit à utiliser le trottoir pour les besoins de sa cause. Je me souviens d’un jour de rentrée scolaire où, - ce devait être en 2003 ou en 2004 - Alain Fontaine, stoïque adjoint chargé de la circulation du temps d’Etienne Pinte, avait pris la décision de faire verbaliser les véhicules stationnés à quatre roues sur le trottoir situé avenue Jean-Jaurès en face de l’école des Châtaigniers. J’avais alors reçu quelques temps plus tard une lettre furibarde d’un parent d’élève indigné que l’on puisse ainsi remettre en cause ce qu’il considérait très sincèrement et sûrement de bonne foi comme un droit inaliénable. Alain Fontaine et moi avions tenu bon, ça avait râlé sec puis, progressivement, de nouvelles habitudes s’étaient instaurées et, avenue Jean-Jaurès, l’on ne voyait plus des mères de famille à poussette obligées de descendre sur la chaussée pour contourner des voitures occupant tranquillement toute la largeur du trottoir.

 

Je ne suis pas certain que Mademoiselle Béguin figure parmi les benjamins des militants associatifs de Versailles mais je peux témoigner qu’elle fait preuve d’une pugnacité digne des plus jeunes. Plus d’une fois, en réunion du conseil de quartier de Notre-Dame où elle siégeait au cours du précédent mandat, dans les réunions d’usagers, dans les ateliers de l’Agenda 21, je l’ai vue défendre la cause de ses piétons avec une énergie et une autorité auxquelles peu résistaient. C’est qu’elle n’est pas toujours commode, Mademoiselle Béguin ! J’en ai fait moi-même l’expérience un jour où j’avais essayé de la convaincre que, selon la taille et la configuration des lieux, on peut peut-être envisager une cohabitation harmonieuse entre les piétons et les cyclistes, comme cela a été fait tenté avec une piste cyclable implantée sur le terre-plein de l’avenue de Paris et comme on l’a fait très récemment boulevard du Roi. Elle m’avait alors signifié sans ambages son désaccord total mais, derrière le feu du débat, au-delà de la vivacité des propos, je devinais bien que Mademoiselle Béguin est animée, c’est le moins que je puisse écrire, non seulement par une conviction chevillée au corps de la justesse de sa cause mais, tout autant, par une profonde gentillesse non dénuée de sens de l’humour.     

 

A

insi, dans le débat public local, il y a tous ceux qui se battent pour des causes difficiles ou pour des causes oubliées. Ceux qui plaident pour les sans-logis, ceux qui s’occupent des sans-travail, ceux qui parlent pour les sans-voix. Qui défendrait les piétons, si souvent oubliés, s’il n’y avait pas Mademoiselle Béguin ? Peut-être quelqu’un d’autre. Mais je n’aurais pas eu le plaisir de rencontrer à nouveau le samedi 12 septembre cette infatigable demoiselle qui, au milieu de tant d’autres présentes ce jour-là au Forum des Associations, est l’une des figures attachantes de Versailles.

 

Rédigé le dimanche 20 septembre 2009 – Copyright Hervé PICHON

Dim 20 sep 2009 1 commentaire
Merci Monsieur Pichon de m'avoir fait découvrir cette personne trés pugnace d'après ce que vous écrivez. Je vais la contacter pour voir comment développer la présence de son association dans notre quartier de Picardie car nous rencontrons de plus en plus de problème de stationnement de voitures sur les trottoirs de la rue du général pershing.
Cordialement
D Daudon
DAUDON - le 20/09/2009 à 19h18